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Depuis des années, le monde du snowboard exploite le Big Air comme l’une de ses disciplines phares. Ajoutée au programme olympique pour la première fois, cette branche du snowboard est l’une des plus attendues des spectateurs : tricks monumentaux, visibilité incroyable pour le public et prise de risques poussée au maximum. Du show à l’état pur.

En bons puristes, les snowboardeurs belges ont une préférence pour le Slopestyle et son besoin de constance.

Sur le Big Air, tout se joue en un jump. "Et ça laisse de la place aux surprises", lance Jean Valère Demard, le coach des Belges. "Je regardais ce qui se passe chez les filles et il y a plein de nouveaux noms en haut du ranking."

Chez les hommes, impossible de sortir un favori. Il y a du talent à la pelle dans la nouvelle génération du snowboard nord-américain et scandinave. "Mais personne ne pourra en garder sous la pédale", souligne Seppe Smits, le meneur de l’équipe, qui n’est actuellement pas en état de tirer le meilleur de ses capacités sur le Big Air à cause d’une blessure au genou qui l’ennuie encore plus qu’en début d’olympiade. "Tous les gars iront à fond dès les qualifs ’. Si les conditions sont bonnes comme lors de la compétition des femmes, ça va envoyer du lourd."

Les tricks ne sont pas très différents des derniers jumps du Slopestyle. "On pousse peut-être un peu plus loin mais l’exécution est supérieure car on ne doit penser qu’à un seul saut. Toute notre énergie et notre concentration sont fixées là-dessus."

Les spécificités de Pyeongchang

Avec le public juste au pied de la bosse, l’ambiance sera complètement folle. Le tremplin de Pyeongchang, considéré par les organisateurs comme l’un des plus difficiles à maîtriser, n’a pas l’air d’effrayer les Belges. "Il est plus petit que ce à quoi nous sommes habitués", affirme Sebbe Du Buck. Par rapport à plusieurs rampes gigantesques, les 49 mètres de dénivelé et la pente à 40 degrés de l’ "in run", la descente qui permet de prendre de la vitesse, sont loin d’être impressionnants. "On a parfois un in run de 55 mètres et des pentes à 45 degrés", explique Smits. "Il faudra par contre se méfier du vent car il souffle toujours à Pyeongchang."

Les dangers du Big Air

Qui dit petit saut ne dit pas spécialement moins de risques. "Nous avons moins d’‘air time’, de temps passé dans les airs, si nous voulons retomber dans la pente", explique Seppe Smits. "On peut se permettre de sauter plus loin mais la piste d’atterrissage est de plus en plus plate et la retombée est alors encore plus violente pour les genoux."

Malgré des sauts qui dépassent les cinq mètres de hauteur et les 20 de longueur, Seppe Smits continue de penser que son sport n’est pas le plus dangereux. "J’ai été voir le Skeleton. Plus de 120 km/h à ras du sol. Ça, c’est un sport de fou, selon moi."