Omnisports C'est reparti pour un tour d' olympiade! Les JO de Sotchi sont les plus chers de l'histoire et certainement les plus sujets à polémique avec ceux de Berlin de 1936.

Le créateur des Jeux olympiques modernes, et ses "grandes valeurs de l'olympisme", doit se retourner dans sa tombe. Enfin non... pas vraiment. S'il avait toujours été de ce monde, Pierre de Coubertin aurait sans doute soutenu les JO de Vladimir Poutine, un homme dont les idées et la gestion politique auraient séduit le baron.

Une vision d'un autre temps

Comme tout le monde, vous avez certainement entendu parler de Pierre de Coubertin sur les bancs de l'école primaire. Il vous a certainement été présenté comme un homme amoureux du sport, fondateur des Jeux modernes et auteur de la phrase: "l'important, c'est de participer". Sauf que le véritable auteur de cet adage n'est pas le baron mais bien l’évêque de Pennsylvanie qui prononça cette phrase lors de son homélie lors des premiers JO de Londres.

Pierre de Courbertin n'aime donc pas citer ses sources. Mais ce n'est là pas la seule ombre dans la bio du baron. Avec le temps, le portrait du Français est apparu comme moins reluisant que celui qui nous a été présenté sur les bancs de l'école.

Né en 1863 à Paris, Pierre de Coubertin a été bercé par les idées de son époque. Ainsi, il était un misogyne convaincu. Pour lui, il était tout simplement impossible de voir un jour une femme participer à ses Jeux. "Il est indécent que les spectateurs soient exposés au risque de voir le corps d'une femme brisé devant leurs yeux. En plus, peu importe la force de la sportive, son organisme n'est pas fait pour supporter certains chocs."

Heureusement, le CIO a pris ses distances par rapport aux idées de Pierre de Coubertin puisque les femmes ont été admises en 1928.

Mais de Coubertin partageait aussi les idées colonialistes et racistes. "Dès les premiers jours j'étais un colonial fanatique", peut-on lire dans ses mémoires. Il a également déclaré lors d'une conférence en 1890: "De quel regard ému ne suivez-vous pas les hommes audacieux qui parcourent le continent noir et répandent vaillamment leur sang pour planter une fois de plus nos trois couleurs sur une case indigène ?".

S'il était en phase avec certaines idées répandues à son époque, le Français flirtait aussi dangereusement avec la ligne rouge du nazisme. Il était ainsi un raciste assumé. "Les races sont de valeur différente et à la race blanche, d'essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance". Cette phrase contraste fortement avec le symbole des anneaux olympiques. 

Sous un humanisme de façade, de Coubertin partageait les idées du fascisme. Le baron vouait un culte à la force physique et pensait qu'une sélection devait se faire via l'élimination des plus faibles. Ses JO devaient d'ailleurs permettre une colonisation sportive et démontrer la supériorité de la race blanche sur d'autres cultures.

De Coubertin est aujourd'hui encore présenté comme un grand philanthrope. C'est étrange comme l'histoire peut parfois souffrir d'amnésies. Que retiendront les générations futures des JO de Sotchi? Les médailles ou les scandales?