La maman des Borlée dit tout

Interview > David Lehaire Publié le - Mis à jour le

Omnisports Après un exil de près de sept ans à la Réunion, la maman d’Olivia, Kevin, Jonathan, Dylan et Alizia Borlée est revenue vivre en Belgique depuis la mi-juin. Elle a choisi la Dernière Heure pour laisser parler son cœur.

Aviez-vous imaginé, un jour, qu’Olivia d’abord, Kevin et Jonathan ensuite, atteindraient le top mondial ?

“J’y ai d’autant moins pensé qu’ils n’ont commencé l’athlétisme qu’à l’adolescence. Bien sûr, on a vite compris qu’ils étaient doués, mais cela ne suffit pas, loin de là. Ils ont fait tous les sacrifices qu’il fallait pour atteindre leurs objectifs.”

Vos enfants sont devenus des exemples pour beaucoup, quel regard jetez-vous là-dessus ?

“Celui d’une maman qui est fière de ses enfants. Je suis très heureuse pour eux qu’ils gagnent toutes ces médailles et fassent de si bons chronos, mais je le suis plus encore par les valeurs qu’ils véhiculent. Mes enfants sont très équilibrés et demeurent humbles. Et pour une maman, c’est ce qui prime avant tout.”

Avec un papa et une maman qui sont des anciens sprinters, n’était-il pas logique que vos enfants brillent en athlétisme ?

“C’est sûr qu’il y a un héritage génétique indéniable, mais cela ne suffit jamais pour atteindre le sommet mondial. Olivia a montré la voie à suivre et Kevin et Jonathan ont pris le relais. Une partie de leurs forces, je pense qu’ils la tirent les uns des autres. Ils sont tous très liés et se serrent les coudes tous ensemble.”

Qu’ont Olivia, Kevin et Jonathan en commun avec vous ?

“Là, je dois vous avouer que c’est une question très difficile. Je dirais peut-être une simplicité qui leur permet de relativiser ce qui leur arrive. Ils ont aussi une incroyable générosité humaine et une grande sensibilité. Ce qui me fascine le plus, c’est la manière dont ils gèrent la pression. Ils parviennent à demeurer dans leur bulle, tournés vers un objectif bien précis. Et malgré cela, ils demeurent humbles et accessibles. Cela fait partie de leur éducation, mais surtout de leur caractère.”

Quand Kevin obtient une médaille, comme à Barcelone et à Daegu, et que Jonathan n’en a pas, la maman peut-elle être totalement heureuse ?

“Bien sûr que non. A l’Euro de Barcelone, j’avais dû réconforter Olivia qui était en pleurs dans mes bras après sa demi-finale. Quant à Kevin, je lui avais envoyé un sms en lui disant de profiter au maximum de la remise des médailles. Parce que lui avait le sentiment d’avoir un peu volé ce titre à Jonathan. Ils pensent d’abord toujours au bonheur de l’autre et ne se voient pas comme des rivaux.”

En tant qu’ancienne athlète, que pensez-vous de l’évolution de Kevin et Jonathan au fil des années ?

“D’abord, j’adore les voir en action car ils sont très beaux quand ils courent. Ils ont la classe, vraiment ! J’ai pu constater que Kevin a pris beaucoup de confiance avec son titre européen de 2010. Il a toujours eu besoin d’une bonne structure à ses côtés pour se sentir bien. Jonathan a peut-être un côté un peu plus insouciant, mais ce sont deux bêtes de travail. Je me dis que j’aimerais bien que Jonathan ait bientôt une médaille. Parce qu’il le mérite autant que Kevin. Et je n’envisage même pas le scénario où il termine sa carrière sans avoir conquis une médaille individuelle. Je suis sûre que son heure sera bientôt.”

Finalement, vous ne pouvez être complètement heureuse que quand ils gagnent tous les deux une médaille, comme en relais donc ?

“Oui on peut dire ça, même si je dis toujours à mes enfants de ne pas bouder leur propre plaisir. On dit qu’il faut être égoïste pour devenir un grand champion. Kevin et Jonathan prouvent que l’on peut atteindre les sommets en donnant aux autres.”

Vous parlent-ils des JO ?

“Non. Je ne les conseille pas non plus. Leur papa fait très bien ça. Athlète, il allait déjà souvent à la rencontre des entraîneurs pour apprendre comment ils travaillaient. Cela ne m’étonne pas du tout que Jacques soit devenu un grand entraîneur.”

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