Le dilemme des athlètes musulmans en période de Ramadan

AFP Publié le - Mis à jour le

Omnisports

Pour la première fois depuis 1980, les dates de rendez-vous olympique coïncident avec celles du Ramadan, l'un des cinq piliers de l'islam, qui a débuté le 20 juillet. Les protestations de nombreux pays musulmans à l'époque de la désignation de Londres n'ont rien changé. Ni le comité d'organisation des JO-2012, ni le Comité international olympique n'ont envisagé la possibilité de décaler les dates des compétitions, posant ainsi un problème de taille, à la fois physique et spirituel, aux athlètes musulmans.

Selon la tradition, les musulmans se privent de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil, ce qui semble mal s'accommoder avec la pratique du sport de haut niveau et de performance face aux meilleurs athlètes du monde. Les 72 sportifs marocains ont ainsi été autorisés à ne pas observer le ramadan, à la condition de jeûner plus tard pour les jours non respectés à Londres.

Une fatwa, ou avis religieux, saluée par l'entraîneur en chef de l'équipe marocaine de boxe, Abdel Haq Achic: "La boxe est un sport très difficile avec deux séances d'entraînement par jour, ce que ne peuvent pas faire des athlètes qui jeûnent". "Après trois heures de discussion avec les athlètes (avant même la fatwa, NDLR), ils ont décidé de ne plus jeûner, mais la décision leur a été difficile à prendre, car ce sont des musulmans pratiquants, mais ils n'ont pas d'autres choix s'ils veulent décrocher des médailles", rappelle-t-il.

Au sein de la délégation marocaine, les footballeurs ont pourtant choisi de faire le Ramadan durant le tournoi olympique. "Nous devons jeûner, car c'est une obligation et car Dieu nous aidera le jour des Jeux", explique le gardien de but Yassine Bounou qui va rejoindre l'Atletico Madrid. Comme le Maroc, l'Algérie, l'Egypte, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et la Malaisie ont autorisé leurs athlètes à repousser le jeûne de plusieurs jours, mais c'est souvent le choix individuel, en conscience, qui prévaut.

"Nos athlètes vont participer aux JO pour accroître le renom de notre pays, ils peuvent jeûner à leur retour en Malaisie", justifie Harussani Zakaria, mufti de l'Etat malaisien du Perak. "Certains jeûnent, certains ne jeûnent pas, chacun fait comme cela lui convient", résume Hassan Rifaat, chef de la délégation des Emirats arabes unis. "J'ai essayé de jeûner depuis que je suis arrivé à Londres, mais je me suis rendu compte rapidement que cela serait très, très difficile pour moi qui participe à une épreuve demandant beaucoup d'énergie", admet Methkal Abu Drais qui participera au marathon sous le maillot de Jordanie.

Il y a enfin des athlètes qui concilient la lettre de leur religion et l'esprit olympique, en rappelant que l'important est avant tout de participer: "Il y a peu de probabilité que nous gagnions une médaille et jeûner est une priorité pour nous", souligne le Nigérien Hamadou Djibou Issaka qui participera aux épreuves d'aviron.

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