Omnisports Vainqueur, Sébastien Ogier a repris 19 unités au Belge et la tête du Mondial.

En débarquant pour la première fois en leader du championnat au Mexique, Thierry Neuville savait qu’il n’aurait pas la tâche facile. En fait, cela a été encore pire que prévu pour l’équipage belge contraint durant deux jours d’ouvrir la route, mais aussi accablé par les soucis. "On ne peut franchement pas être satisfait de ce week-end", analysait Thierry à chaud. "L’objectif était d’essayer de conserver la tête du championnat et on en est loin."

L’écart s’est même quasi inversé. Leader avec dix points d’avance après la Suède, le Belge quittera ce matin l’Amérique du Sud à la deuxième place du Mondial, neuf unités derrière Sébastien Ogier vainqueur hier pour la 42e fois, la quatrième au Mexique et la deuxième de la saison après Monte-Carlo.

Rien de catastrophique bien sûr après seulement trois manches, mais Thierry a le sentiment qu’il aurait pu mieux faire. "On savait que nettoyer la route ici constitue un gros handicap", poursuivait-il. "Cela l’a été bien sûr, même si je trouve que je signais encore des chronos corrects compte tenu de ma position."

Hélas, deux soucis techniques lui ont coûté cher vendredi. "Oui, j’ai d’abord perdu 25 secondes dans la petite spéciale show de Leon avec un problème de pression d’essence alors que je ne pointais qu’à douze secondes d’Ogier au terme de la première boucle. Et puis la direction assistée a cassé dans l’après-midi. Du coup, au lieu de pouvoir repartir deuxième ou troisième samedi, j’ai dû reprendre le balai…"

Et à ce moment-là, son moteur a coupé à la sortie d’un gué où il a encore abandonné une minute : "Ce n’est clairement pas le rallye que l’on souhaitait. J’espère que j’ai déjà eu ici mon lot de problèmes pour la saison," pestait-il, mettant ainsi la pression sur une équipe Hyundai dont la fiabilité n’est pas encore le point fort même si les trois i20 rallient l’arrivée aux 2e (Sordo), 4e (Mikkelsen) et 6e rangs.

Une tactique inutile

Tous les soucis se sont en fait concentrés sur la voiture de Thierry la jouant tactique en pointant, comme Ott Tanak, volontairement très en retard au départ de l’ultime "Power Stage" pour s’élancer après les leaders et bénéficier d’une route plus propre. Mais, hélas, cela n’a pas payé aussi bien que pour Ogier en Suède, notre compatriote devant se contenter des deux points bonus de la quatrième place (à 1.4) derrière Tanak, Ogier et Latvala. "J’ai essayé, mais je n’étais plus habitué à autant d’adhérence", regrettait-il avant de se tourner, déjà, vers la Corse. "On va oublier ce rallye au plus vite. Place maintenant à la Corse, une épreuve que j’affectionne où je me suis imposé l’an dernier."

Là-bas, la position sur la route n’aura pas d’importance et il pourra à nouveau jouer la victoire face à Seb Ogier.