Omnisports

Des records et des médailles à la pelle pour le futur retraité du sprint.

31 mai 2008 : record du monde (9.72) à New York

Alors qu’il est essentiellement un spécialiste du 200m (vice-champion du monde en 2007), Usain Bolt décide de faire un pari avec son coach, Glen Mills. S’il parvient à réaliser un bon chrono sur 100m, il s’orientera vers l’épreuve reine contre l’avis de Mills qui aimerait le faire évoluer vers le 400m ("Trop dur pour moi !"). Résultat : un test concluant en 10.03 qui ouvre la voie à une série d’exploits : 9.76 pour le troisième (!) 100 m de sa carrière, à Kingston, faisant de lui le 2e sprinter de l’histoire, avant de s’emparer du mythique record du monde, moins d’un mois plus tard, lors de son cinquième 100 m, à New York. Là, devant une belle colonie jamaïcaine, le grand sprinter d’1,96 m surprit Tyson Gay dès la mise en action sur une piste humide et se détacha inexorablement avant la mi-course en développant, à très haute fréquence, son immense foulée. Poussé par un vent généreux (+1,7 m/s), le sprinter de 21 ans arrêta le chrono à 9.72. Un choc ! Et un premier coup de Foudre qui en appellera d’autres pour le grand public faisant connaissance avec ce gabarit hors norme dans la caste des sprinters.

16 août 2008 : record du monde (9.69) à Pékin

Battu par son compatriote Asafa Powell dans la ligne droite de Stockholm, à deux semaines de l’ouverture des Jeux de Pékin, Usain Bolt prendra une revanche éclatante en Chine. Crâne rasé de près, le nouveau phénomène du 100m, dont la décontraction d’avant-course fera bientôt autorité, pulvérise la concurrence (le champion du monde Tyson Gay avait été éliminé en demi) en 9.69, nouveau record du monde, après avoir coupé son effort à 20 m de l’arrivée et s’être frappé la poitrine, histoire de savourer son premier triomphe olympique. C’est désormais clair : une nouvelle ère s’est ouverte. "Des personnes m’ont dit que j’aurais pu courir en 9.60. Mais je voulais juste gagner, je me moquais du temps. Quand j’ai vu le ralenti, je suis devenu fou !", expliquera le nouveau roi. Qui, en dessinant un éclair dans le ciel avec les bras pour illustrer son surnom, a déposé, sans le savoir, une nouvelle marque universelle.

16 août 2009 : record du monde (9.58) à Berlin

Un an jour pour jour après le record du monde établi au Nid d’Oiseau, Usain Bolt remet le couvert à l’occasion de la finale des Championnats du Monde. Sur la piste bleue de l’Olympiastadion de Berlin, les sprinters, sous l’impulsion de leur nouveau chef de file, assureront d’abord le show lors de la présentation. Un moment surréaliste suivi d’un autre, réellement exceptionnel. Au coup de feu, la poussée d’Usain Bolt est phénoménale; l’exécution de sa course, parfaite. Un modèle du genre, disséqué sous tous les angles, qui fait toujours office de référence. 9:58 : le chrono, peut-être éternel, traduit un gain impressionnant de 11 centièmes sur le précédent record du monde. Hallucinant ? Absolument ! Mais ce Jamaïcain dont l’amplitude de la foulée a été mesurée à 2,44 m (pour 41 foulées !) et qui a été flashé à 44,72 km/h dans l’intervalle entre les 60m et les 80m, est un sprinter d’exception. Aucun rival, ni Tyson Gay ni Asafa Powell, ne semble encore en mesure de pouvoir l’inquiéter. À ses adversaires et au public, Usain Bolt n’inspire que sympathie et respect. Bref, le porte-drapeau idéal pour l’athlétisme.

5 août 2012 : record olympique à Londres (9.63)

Un an après avoir commis un faux départ coupable en finale des Championnats du Monde de Daegu, Usain Bolt est clairement sous pression en arrivant à Londres. Peu avant le début de ces JO, Yohan Blake, qui avait profité de son absence en Corée pour fondre sur le titre mondial, l’a, en effet, battu à deux reprises, sur 100 m et sur 200 m, lors des Championnats jamaïcains. Un (très) sale coup pour l’orgueil du champion dont on attend la réaction lors de ces JO. Elle sera particulièrement cinglante : après s’être fait griller au départ par Gatlin et Blake, Bolt refait son retard et passe la surmultipliée dans la seconde partie de course. Résultat : un nouveau record olympique en 9.63, chrono qui constitue toujours le deuxième temps de la carrière d’Usain Bolt sur 100 m. Doigt sur la bouche, le Jamaïcain a fait taire ses détracteurs… et son équipier de club, qui l’avait un peu chambré quelques semaines plus tôt. Après Carl Lewis (1984-1988), Usain Bolt est le deuxième homme de l’histoire à s’emparer d’un deuxième titre olympique consécutif dans l’épreuve reine. Mais l’histoire ne s’arrêtera pas là !

14 août 2016 : 3e titre olympique consécutif (9.81)

Candidat au triple triplé olympique (il perdra toutefois a posteriori l’une de ses trois médailles d’or de Pékin 2008 suite au contrôle positif de Nesta Carter, l’un de ses équipiers sur 4x100m), Usain Bolt, qui trahit de plus en plus de signes de lassitude, physique et morale, depuis quelques mois, arrive pourtant ultra-motivé à Rio. Outre la propre quête dorée qu’il poursuit, il avoue avoir été piqué au vif par les déclarations de Justin Gatlin affirmant sur une chaîne de télévision américaine qu’il repartira du Brésil avec la médaille d’or autour du cou. Vexé, le Jamaïcain, qui l’avait déjà dominé aux Mondiaux de Pékin en 2015 au cours d’une opposition entre le bien et le mal très médiatisée, lui fera payer ces mots au prix fort. Ce 14 août, acclamé par le public brésilien, Usain Bolt déborde un Gatlin plus prompt à sortir des starting blocks et s’en va récolter son troisième titre olympique consécutif dans l’épreuve reine, un exploit unique dans l’histoire de l’athlétisme. Il est bel et bien une légende du sport !