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L’aîné fait 120 kg pour 1m90, le plus jeune 127 pour 1m87 : deux piliers comme on les aime. C’est au Kituro Schaerbeek (club qui évolue en deuxième division) que les frères commencent le rugby. Vincent a 15 ans, Christophe 13. A 18 ans, l’aîné part à la Rochelle, « Le club organisait un stage en France pour les meilleurs joueurs belges. Et quelqu’un de La Rochelle m’a demandé de signer chez eux », raconte Vincent. Il est rejoint un an plus tard par Christophe. Et leurs chemins se sont séparés : Vincent passe professionnel à Perpignan, Christophe à Périgueux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Christophe a beaucoup voyagé : « Après Périgueux, je suis passé par Montauban, Chalon-sur-Saône, Gaillac et maintenant Domont », énumère-t-il. Quant à Vincent, il passe 5 années à Perpignan avant de signer à Agen il y a quelques mois, « Je voulais voir autre chose, tout remettre à zéro. Quand j’ai signé, le club était encore dans le Top-14 et leur ambition était de devenir champion de France dans les trois ans ».

Malheureusement, Christophe de son côté a perdu son contrat professionnel (il gagnait approximativement entre 3500 et 4000 euros par mois) à cause des problèmes financiers de Gaillac. « J’ai trouvé un job de vigile dans le nord de Paris. Mais je suis sur la liste des joueurs transférables. Je veux retrouver un contrat professionnel », explique-t-il. Christophe fait donc partie du gros contingent belge jouant en France. Ce qui est une plus-value.

Les Debaty : deux internationaux

Doués du ballon ovale, les Debaty sont rapidement repris en sélection belge chez les juniors. Christophe a rapidement été appelé chez les A : « Je suis Diable depuis 6 ans. Vincent n’a pas été appelé aussi vite que moi et a continué à progresser en France », raconte Christophe. Et ce qui devait arriver arriva, Vincent est appelé en équipe de France (première cap en 2006 face à la Roumanie, remplaçant face à l’Afrique du Sud par après). « C’est magique là-bas, toute cette ambiance, l’esprit, tout ce qu’il y a autour. C’était un rêve», raconte l’aîné. Mais le plus jeune ne jalouse pas pour autant le parcours du frangin : « Oh non, je suis bien chez les Diables. On a une bonne équipe ».

Mais pour l’instant, Vincent est bloqué en équipe de France : « Malheureusement, j’étais souvent blessé cette année donc je n’ai pas été sélectionné pour la Coupe du Monde. Et maintenant je joue en Pro-D2, si dans un an le club ne remonte pas, je m’en vais. Moi, mon but, c’est de retrouver l’équipe de France. Je ne m’enlève pas ça de la tête », explique Vincent. L’évolution de l’équipe nationale belge ne le laisse pas indifférent, mais il n’a aucun regret. « L’équipe a une bonne marge de progression. Si elle continue comme ça, elle peut prétendre jouer la Coupe du Monde 2011. En plus, la différence de niveau entre les petites et les grandes nations se resserrent, on le voit déjà lors du mondial », confie Vincent. Quant à l’équipe qui soulèvera la coupe en octobre : « Evidemment, j’aimerais bien la France. Mais la Nouvelle-Zélande est très forte ».