"Les Etats-Unis ? Excellent choix"

Laurent Monbaillu Publié le - Mis à jour le

Omnisports Entretien

Michael Johnson est arrivé, ce mercredi, à Bruxelles, pour rehausser de sa présence le dîner de gala organisé dans le cadre du Mémorial Van Damme avant d’assister au meeting, ce vendredi soir. L’occasion de constater que l’aura de l’ancien champion américain est intacte : avec quatre titres olympiques et neuf titres mondiaux au compteur, "MJ" toujours détenteur de trois records du monde, jouit du statut de légende vivante de l’athlétisme.

Michael Johnson, quel regard portez-vous sur la finale du 400 m des récents Championnats d’Europe ?

C’était une course étrange. Tous les finalistes étaient incroyablement compétitifs. Si vous aviez demandé à six personnes, avant la course, de désigner un favori, vous auriez obtenu six réponses différentes. Et au bout du compte, les chronos n’étaient pas aussi bons que beaucoup ne l’avaient espéré après les demi-finales. Je pense que la répartition des couloirs a été déterminante, avec Rooney au 1, Bingham au 8 et les Borlée au centre, un paramètre qui a permis d’assister à une course passionnante. Une telle rivalité entre plusieurs athlètes fait le sel d’un grand Championnat. Je ne pense pas que la pression a joué un rôle, même pour Jonathan. Bingham aurait-il pu gagner s’il avait été placé ailleurs ? Cela n’a plus aucune d’importance de se poser la question désormais ! Kevin a simplement tiré profit du contexte pour se montrer le plus rapide le jour J et le reste c’est de la littérature Il importe maintenant pour tous ces athlètes de tirer les enseignements de ces Championnats sur lesquels ils vont bâtir la suite de leur carrière.

Quand avez-vous découvert Jonathan et Kevin Borlée ?

Je les ai vus pour la première fois à la télévision l’an dernier, à l’occasion des Championnats NCAA, où Jonathan avait enlevé le titre sur 400 m de très belle manière.

Comment jugez-vous leur technique de course ?

Très honnêtement, je ne me permettrai pas d’émettre un commentaire sur le sujet car je ne les ai pas observés avec tellement d’attention. Je peux juste dire que je les trouve agressifs dans leur façon de courir, ce qui est toujours positif.

Les Borlée ont fait le choix, voici deux ans, de se préparer aux Etats-Unis. Est-ce une bonne option ?

C’est une question très personnelle à laquelle chacun répondra en fonction de différents critères qui lui sont propres, de sa situation et de son expérience. Je n’ai pas de conseil à donner aux Borlée mais, dans un petit pays comme le vôtre, où les attentes sont souvent énormes, on accède rapidement à une certaine notoriété qui, si on en fait un désavantage, peut réellement le devenir. Le seul sujet dont vous voulez m’entretenir, c’est eux, non ? (Il sourit) Si j’en juge par votre intérêt, ils ont sans doute fait le bon choix. L’accumulation des sollicitations est difficile à gérer pour de jeunes athlètes. Parfois, il vaut mieux être anonyme et consacrer toute son énergie aux entraînements car c’est là que se construisent les succès futurs. Et un autre avantage des Etats-Unis, c’est le niveau, extrêmement élevé. Là-bas, vous êtes obligés de courir vite pour exister. Donc, si vous voulez mon avis, cela fait beaucoup de raisons en faveur de ce choix, surtout à 20 ans, au début d’une carrière, quand on est encore dans un processus d’apprentissage.

Si, aujourd’hui, vous deviez les affronter…

Je pense sincèrement que je serais toujours dans le coup !

Laurent Monbaillu

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