Omnisports Nafi Thiam, qui commence son heptathlon ce matin, est l’une des quatre filles pour trois places.

C’est le jour J pour Nafi Thiam. La Namuroise, en tête du ranking mondial 2017 grâce au total de 7.013 points établi à Götzis, entame les sept épreuves de son heptathlon, ce samedi, à 10h21, dans la troisième série du 100 m haies (record personnel : 13.34).

Suivront, dans la même journée, le saut en hauteur (1,98 m), le lancer du poids (15,24 m) et le 200 m (24.40).

Dimanche, elle poursuivra avec le saut en longueur (6,58 m) et le lancer du javelot (59,32 m) avant de terminer avec le 800 m (2:15.24).

Très attendue après son exceptionnelle performance du mois de mai dernier, notre compatriote ne devrait pas être en mesure, dit-elle, de réussir mieux, ici, à Londres, dans un contexte très différent de celui qui a prévalu en Autriche. Néanmoins, son niveau de performances est quand même désormais suffisamment élevé pour envisager un total un peu inférieur aux 7.000 points.

"À Götzis, j’étais vraiment étonnée d’être en forme très tôt dans la saison", explique-t-elle. "La météo était magnifique, il y avait de la concurrence, du public et un horaire établi en fonction de nous, les athlètes, pour qu’on puisse bien se reposer entre les épreuves sans avoir de temps d’attente trop long. Ici, je peux déjà vous dire que ce ne sera pas la même chose ! Ça va être très difficile de faire le même style de performances. Mais je peux essayer de me situer pas trop loin en tout cas. Cette année s’est bien passée et il serait surprenant de passer de très, très bien à très, très mauvais. Mon objectif sera donc d’essayer de m’accrocher à mes records. Même si ça va être dur."

Davantage que les points, ce sera surtout la place qui sera importante au cours de ces Mondiaux où la championne olympique en titre, qui a vu partir à la retraite les deux athlètes figurant à ses côtés sur le podium de Rio (Jessica Ennis-Hill et Brianne Theisen-Eaton), dispose des meilleures cartes pour s’imposer.

"Dans un championnat, c’est sûr que les athlètes préfèrent réussir un peu moins bien et gagner, que l’inverse. Comme je ne contrôle pas le classement, je me dis que, si j’enchaîne les bonnes performances, j’aurai automatiquement la place qui correspond à celles-ci. Une médaille passe par là, je pense. Pour moi, cela n’a pas de sens de dire : ‘Je veux gagner’ ".

Même s’il s’agit bel et bien de son ambition, qu’elle partage avec plusieurs de ses concurrentes. Mais au fait, avec qui s’attend-elle à devoir bagarrer au cours de ces deux journées ? "Comme on l’a vu à Götzis (NdlR : l’heptathlon le plus dense de l’histoire en termes de résultats), on est vraiment quatre à émerger distinctement. Après, comme je l’ai montré à Rio, on n’est jamais à l’abri d’une surprise. C’est ça aussi, les épreuves multiples."

Sans les nommer, Nafi Thiam a donc pointé l’Allemande Carolin Schäfer (6.836 pts), la Lettone Laura Ikauniece (6.815 pts) et la Britannique Katarina Johnson-Thompson (6.691 pts) comme les principales candidates aux médailles. Quatre filles pour trois places… "Tout ce que je peux ajouter, c’est que j’essaierai de me rendre difficile à battre", conclut la Belge de 22 ans dont la troisième participation aux Championnats du Monde (14e avec 6.070 pts en 2013 à Moscou, puis 11e avec 6.298 pts à Pékin) pourrait déjà être la bonne !

La jeune Hanne Maudens dans l’ombre de Thiam

Dans l’ombre (de plus en plus) imposante de Nafi Thiam, une autre heptathlonienne va découvrir les Championnats du Monde. Benjamine de notre délégation à l’âge de 20 ans, Hanne Maudens, médaillée de bronze des Mondiaux juniors en 2016, est une belle promesse des épreuves multiples (6.113 points, cette saison, à Götzis). Encore un peu timide face aux journalistes, l’athlète originaire de Wetteren, repêchée par l’IAAF en dernière instance, avoue néanmoins une belle ambition : "Ce serait bien si je pouvais accrocher le record de Tia Hellebaut (6.201 pts)." Un fait est certain : côtoyer Nafi Thiam et les meilleures heptathloniennes au monde, comme à Götzis, lui permettra d’apprendre beaucoup. "J’ai pu constater en Autriche que ces grandes athlètes sont des filles très abordables et très amicales. Nafi ? Elle a pris de mes nouvelles pendant l’heptathlon, m’a demandé comment cela se passait, elle est très chouette."