On attendra Rio pour rouler sur l’or

Thibaut Roland Publié le - Mis à jour le

Omnisports

Il aura fallu prendre son mal en patience. Il aura fallu attendre de voir l’Euro et le football basculer dans un mercato mollasson, Roger Federer arracher des larmes de crocodile à Andy Murray et le Tour être gagné par la routine pour voir enfin l’ambiance des Jeux s’imprimer.

En voyant hier la liste définitive des athlètes belges tomber et Tia Hellebaut arracher un rôle de porte-drapeau que personne n’osera lui contester, les JO sont définitivement tombés dans l’actualité belge.

"Il était logique d’avoir songé à elle", a expliqué le chef de mission belge, Eddy De Smedt. "Les discussions ont débuté il y a environ 3 semaines. Il faut respecter deux critères : que la compétition ne soit pas proche de la cérémonie, et que cela ne perturbe en aucune manière sa préparation. En accord avec son entraîneur Wim Van de Ven, Tia s’entraînera encore le 27 au matin, et rejoindra son stage le 28. Elle a accepté. Nous lui avons laissé le temps de réfléchir car l’athlète doit être à 100 % derrière cette idée et que cela n’influe aucunement sur sa performance."

Choisie pour porter les couleurs belges, Tia devra avant tout servir de relais entre deux générations. Car, malgré l’adrénaline de Londres, tout le monde reste bien conscient dans les coulisses du COIB que Rio et les Jeux de 2016 devront véritablement accoucher de nouvelles ambitions. Quoi qu’en disent les pontes olympiques, Londres risque bien de servir de relais d’étape, de date de transition.

1 "Mon rêve serait d’égaler notre résultat à Atlanta en 1996."

La sentence lancée hier par Eddy De Smedt respire d’un optimisme lucide mais aussi aveugle par certains côtés. Pour espérer voir la Belgique décrocher deux fois l’or, deux fois l’argent, deux fois le bronze (comme Atlanta), il faudra demain que les Jeux se transforment aussi en un concours de circonstances. A priori, le défi ne semble pas impossible à relever.

En comptant sur une médaille en cyclisme (Boonen, Gilbert, Van Avermaet ?), deux en athlétisme (un Borlée et le relais 4x400 ?), une en équitation (Le Jeune ? Wathelet ?), en tennis (Clijsters ?) et en voile (Evi Van Acker ?), la bonne addition pourrait en effet s’imprimer.

Reste qu’un simple calcul de probabilités obligerait sans doute le COIB à revoir ses ambitions à la baisse (le chiffre de 3 ou 4 médailles reste sans doute le pari le mieux inspiré) mais l’essentiel n’est pas là. Hier, la sortie d’Eddy De Smedt visait surtout à montrer que la politique du Comité Olympique avait fait peau neuve en se débarrassant de l’auto-satisfaction du passé. Un mot fait désormais florès lors de toutes les réunions du comité : ambition, ambition, ambition. En planchant déjà sur Rio, le chiffre de 6 à 8 médailles était il y a peu avancé.

2 "Mais il n’y a pas que les médailles."

C ’était hier l’autre "phrase choc" d’Eddy De Smedt. "Notre premier souhait est d’abord d’emmener tout le monde à Londres dans un bon état physique et au sommet de leur forme. Ce qui n’est jamais arrivé encore. Il y a toujours eu un ou une blessée. Ensuite, il s’agit pour chaque athlète de réaliser sa meilleure performance. Si c’est le cas, nous ne pouvons que l’applaudir."

Certes. Mais le fameux "il n’y a pas que les médailles" voulait aussi crier que le COIB songeait aussi à l’esprit d’équipe, à l’ambiance et à un collectif belge doté d’une nouvelle identité. Le choix de Tia comme porte-drapeau s’enroulait hier dans ces draps-là. Bilingue, sympathique en diable, parfait relais entre les athlètes plus anonymes et les stars de la délégation, Hellebaut devra demain être la garante de cette identité. En 2016, tout porte à croire que les Borlée prendront le relais.

3"C’est la plus grande délégation depuis Helsinki."

Avec 115 athlètes envoyés aux Jeux, la Belgique fera cette fois nettement mieux qu’un pays comme l’Autriche (70 athlètes) à qui Pierre-Olivier Beckers aime régulièrement se comparer. "Mais ce chiffre-là n’est pas un objectif en soi", rappelait De Smedt. Reste que le COIB entend jouer sur cet "effet de masse" pour pousser certains jeunes sportifs à accélérer leur programme en vue de Rio. Histoire de montrer que les Jeux ne doivent pas seulement constituer l’apogée d’une carrière mais qu’il s’agit de les accumuler. Dans les allées du Comité, on aime désormais s’accrocher au slogan anglais du "step by step", à l’idée d’une progression dans la continuité. Le hockey, venu sans ambition de médaille cette année, devra ainsi ramasser une médaille à Rio. Preuve supplémentaire que les plans pour le Brésil sont déjà imprimés

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