On prend les meilleurs et on commence, en Belgique aussi

DAVID MARCELIS Publié le - Mis à jour le

Omnisports

Ce dimanche, la Coupole de Charleroi accueillera le All Stars Game. Le quoi? Le All Stars Game. Ou le All-Star Game, si vous préférez, qu'on le prononce à l'anglaise ou à la française. Avec un nom pareil, on pouvait s'attendre à une obscure trouvaille bien américaine fraîchement élaborée outre-Atlantique, et prête à nous envahir.

L'idée n'est pourtant ni récente, ni complexe: il s'agit tout simplement d'organiser un match exhibition entre deux sélections des meilleurs joueurs d'un championnat, histoire de redonner un peu de piquant à l'intersaison ou d'offrir au public l'occasion de voir évoluer sur un même terrain les plus purs talents du sport en question.

Le principe en lui même vit le jour en 1933, lorsque les propriétaires de l' American League et de la National League, les deux championnats rivaux de base-ball aux Etats-Unis, acceptèrent de réunir leurs meilleurs joueurs le temps d'un match. Une rencontre dont l'intérêt était rehaussé par le fait que la plupart des joueurs n'avaient jamais l'occasion de se rencontrer pendant la saison (ce qui est d'ailleurs toujours le cas). Le jeu fut également à la hauteur de l'événement, Babe Ruth en profitant pour frapper le premier home run de l'histoire du All-Star Game, du haut de ses trente-huit ans. Le match connaîtra dès lors un succès croissant: de 1959 à 1962, deux All-Star Games seront même disputés chaque année!

Conscientes de l'engouement du public pour cet événement, les trois autres ligues majeures américaines emboîtent le pas au début des années 50. La NFL (football américain), elle aussi composée de deux ligues autrefois rivales, reprend la formule de la MLB. La NBA (basket) propose elle un match opposant les meilleurs joueurs de l'est du pays et ceux de l'ouest. La NHL (hockey sur glace) enfin, profite de la richesse ethnique de ses effectifs pour aligner deux formations indépendantes du clivage des clubs: le All-Star Game oppose, tout simplement, les meilleurs joueurs nord-américains (USA et Canada) aux autres (entre autres la Russie, République Tchèque, Finlande et Suède).

Toujours imprégnés d'un esprit de spectacle et de fête (c'est notamment le public qui se charge d'en désigner les titulaires), ces différents All-Star Games se sont depuis développés: le Pro Bowl de la NFL dure une semaine entière, le All-Star Game de la NHL est parsemé de nombreux concours d'adresse, alors que celui de la NBA fut rebaptisé All-Star Weekend et comprend, en apéritif pour le match du dimanche, une compétition de tirs à 3 points et de dunks, ainsi qu'une rencontre opposant les meilleurs débutants (rookies) du championnat.

ET L'EUROPE?

Seul sport américain pratiqué à grande échelle en Europe, il semblait logique que ce soit par le biais du basket que le principe du All-Star Game soit importé dans nos contrées. Débarqué en Europe au milieu des années 90, il fut repris par les fédérations de nombreux pays ainsi que par la Fiba, qui organise depuis un match annuel opposant les meilleurs joueurs des différents championnats européens.

Si, à l'exception du concours de dunks, le All-Star belge n'a déjà plus grand-chose à envier à son homologue de NBA, force est de constater que le procédé serait facilement transposable dans d'autres sports européens. Qui bouderait le plaisir de voir les meilleurs footballeurs de notre pays évoluer le temps d'une journée sur le même terrain? Ce principe et le football ne sont pas aussi inconciliables qu'il n'y paraît: ne vient-on pas d'assister, pas plus tard que cette semaine, à un match opposant le reste du monde à la Corée du sud et au Japon?

Si la transposition paraît donc envisageable, c'est en fait sur l'attitude du public que repose la plus grande inconnue. 46.740 spectateurs étaient présents cette semaine à Yokohama, preuve que la formule n'est pas appréciée que par les Américains. Mais l'engouement du public européen suivra-t-il?

D'ici là, pas moins de quatre All-Star Games auront lieu lors des cinq prochaines semaines: le basket belge ce dimanche à Charleroi, la NFL et la NHL le 4 février et la NBA une semaine plus tard. De quoi déjà se faire une idée. Et puis, qui sait?

© La Libre Belgique 2000

DAVID MARCELIS