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Ils ont entre 14 et 18 ans. Ils ont pris part aux journées de sélections organisées en mai par la LBFR (Ligue belge francophone de rugby). Cette année, ils sont vingt-quatre à prendre leur quartier à Havré. Dix nouvelles têtes font leur entrée pour suivre ce programme rigoureux où la discipline est de mise. Les garçons sont pris en charge 24h sur 24 du dimanche soir au vendredi soir. Parmi les nouveaux, Gaëtan Van Aubel, 16 ans. Il joue à Waterloo. Une excellente opportunité: « C’est clair que ça aide pour progresser, la préparation physique est très poussée et l’aspect technique l’est tout autant». Mais la particularité du rugby-études est que l’aspect scolaire et sportif sont sur le même pied d’égalité. « Si un élève est en échec scolaire en fin d’année, il est exclu pour l’année prochaine », explique Frédéric Cocqu, directeur administratif de la Ligue belge francophone de rugby.

Mais au final, c’est bien plus qu’une simple option dans une grille horaire. « On leur offre trois choses. D’abord le côté scolaire, ils ont une bonne qualité d’enseignement et des modules de rattrapage sont prévus. Deuxièmement, le côté sportif. Ils ont des infrastructures dignes de professionnels avec des entraînements intensifs chaque soir après l’école. Troisièmement, on leur offre une reconnaissance rugbystique avec un diplôme de niveau I comme entraîneur», surenchérit Frédéric Cocqu.

Au plus, ont-ils un nombre limité de demi-jours d’absence justifiés par an pour certains déplacements. « S’ils avaient le titre d’espoir sportif, ils pourraient bénéficier d’allégement scolaire. Mais ce titre est désigné à titre individuel. Donc on aurait un ou deux gars qui auraient moins de cours et plus d’entraînements que le reste du groupe. Ce n’est pas envisageable pour nous », confie Frédéric Cocqu.

Cela n’est forcément pas gratuit. Dominique Dubois est la maman de Gaëtan : « Je paie 250€ par mois. Cette somme prend en charge les déplacements, le matériel, la location des terrains, l’hébergement, la nourriture… ».

Peu de débouchés

Mais au final, peu finissent professionnels. La majorité d’entre eux entament des études supérieures après les humanités. « On n’est pas là pour en faire des professionnels à tout prix, en tout cas pour l’instant. Pour ça, il faudrait un championnat belge plus relevé. Chaque année, quelques-uns vont tenter leur chance en France. D’ailleurs cette année, on a réussi à en garder un qui était convoité en France », raconte Frédéric Cocqu. Le joueur convoité a 17 ans, c’est parait-il un pur joyaux. Il est d’ailleurs déjà sélectionné en équipe nationale séniore. Il a passé des tests mais Julien Berger devra attendre, « j’ai passé des tests à La Rochelle mais ils ne prennent que les majeurs. J’espère que ça marchera l’année prochaine. Si pas, j’entamerai des études supérieures ». Et la formation s’améliore d’année en année mais pas seulement : « Chaque année, le niveau augmente. A chaque fois, le nouveau groupe est meilleur que l’ancien », se réjouit Frédéric Cocqu.

Le rugby-études est un donc un mixte entre la scolarité et le sportif, tout bénéfice pour ces jeunes.