Omnisports

C'était écrit sur les lignes de tous les greens: tôt ou tard, la Fédération royale belge de golf allait, à son tour, succomber à la tentation de la scission. Les 72 clubs du pays et les 42 000 licenciés sont, désormais, répartis en deux Ligues. `Seules les élites, les équipes nationales et la commission technique sont encore dépendantes de la coupole nationale présidée par Raymond Kilian´, explique Jean-Claude Bladt, président de l'Association francophone de golf (AFG).

Elu pour quatre ans, ce géomètre expert immobilier est conscient du défi qui l'attend. `Mon objectif principal est évidemment de développer le golf au sens large. Celui-ci est encore victime d'une image de sport très élitiste. Nous allons tout faire pour le rendre plus accessible et pour développer une politique de jeunes´ ajoute-t-il. A ceux qui prétendent que le golf est encore un sport coûteux, il répond avec lucidité. `Certains clubs, c'est vrai, appliquent des tarifs élevés, avec même parfois des droits d'entrée. C'est leur droit le plus strict. Mais d'autres sont beaucoup plus démocratiques. Une cotisation annuelle peut ainsi se négocier pour moins de 1 000 €. Et, pour les jeunes, la plupart des clubs appliquent des tarifs bien plus bas, autour de 400€. Proportionnellement, vu le nombre d'heures passées sur les fairways, c'est moins cher que bien d'autres sports´.

VINGT MILLE LICENCIÉS

L'AFG comptabilise près de vingt mille licenciés, répartis dans 29 clubs. `Faute de budget et de modèle de gestion, la création d'un parcours public, accessible à tous sans cotisation, n'est pas à l'ordre du jour. Mais, en revanche, je suis favorable à augmenter le nombre de practices, de driving range et de parcours de trois ou quatre trous destinés à combler les souhaits du débutant. Il n'existe pas, chez nous, une véritable tradition golfique comme en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis. Trop de candidats joueurs n'osent pas encore franchir les portes d'un club house´.

Les entraînements régionaux et le développement du Sport-Etudes à Mons (avec déjà 9 élèves) font également partie des priorités. `Pour dynamiser le golf et casser son image un peu austère, l'idéal serait, bien sûr, de bénéficier d'une locomotive médiatique qui puisse jouer le rôle d'un Jean-Michel Saive en ping´.

Pour l'heure, l'AFG travaille main dans la main et dans le même immeuble avec la VVG, son homologue néerlandophone. L'objectif est identique mais la VVG bénéficie de budgets plus élevés, grâce notamment à l'aide substantielle du Bloso. `Nous travaillons avec une enveloppe d'environ 400 000 € que nous espérons augmenter grâce à l'aide des sponsors...´ Un autre défi.

© La Libre Belgique 2002