Omnisports

Serge Deguide a 42 ans. Il y a quatre ans, ce restaurateur acharné de travail apprend qu’il est atteint d’un cancer du colon. Durant deux années, les médecins lui parlent de guérison possible. Il subira une dizaine d’opérations. Malgré l’acharnement, on lui annonce en juillet 2012 que son cancer s’est généralisé et qu’il n’en a plus que pour quelques mois. Serge décide alors de profiter du peu de temps qu’il lui reste. Mais contre toute attente, la maladie s’est stabilisée. Les médecins ne savent plus se prononcer sur le délai de son sursis. Il a choisi de parler de son cancer à travers la voile, sa passion d’adolescent.

Une combativité à toute épreuve

Même au fond de son lit d’hôpital, Serge Deguide n’a jamais baissé les bras. Acceptant les soins les plus lourds, il souhaite vivre le plus longtemps possible mais avec une qualité de vie acceptable. Quand il apprend en 2012 que son cancer s’est généralisé, il revend tous ses établissements et profite au maximum de la vie. Cette homme célibataire et sans enfants a toujours pu compter sur l’aide de ses parents et de Cécile, sa meilleure amie. "Ils ne m’ont jamais abandonné, même quand j’étais au fond du trou." Serge reprend le sport pour se maintenir en forme. Il y a un an, il recommence la voile qu’il pratiquait à l’adolescence. Commençant par naviguer dans les lacs, il prend des cours de voile en mer l’été passé. Très vite, il décide d’en faire son cheval de bataille : un projet naît alors dans sa tête, il va réaliser un tour du monde.

Un voilier contre le cancer

L’objectif de ce projet audacieux est de faire changer le regard des gens sur la maladie : "Le cancer n’équivaut pas toujours à la mort." Autre but : donner de l’espoir aux malades. Ce tour du monde se réalisera à bord d’un voilier de 12 mètres sur une durée de deux ans. Accompagné d’une équipe de professionnels et de médecins, Serge contactera les hôpitaux des villes où il amarrera. Des patients pourront se joindre pendant quelques jours à la traversée et oublier ainsi leur quotidien. Le projet, et l’ASBL qui s’est créée autour, sont soutenus par l’Institut Bordet et le parrain n’est autre que le comédien belge François Damiens. La récolte de fonds se fait par dons privés, recherche de sponsors, événements divers, etc. L’achat du bateau est prévu pour mai, si la somme de 300000 euros est récoltée. Au total, c’est un budget de 600000 euros que Serge devra amasser d’ici juillet, date prévue pour la grande traversée.

"Ce projet c’est mon enfant"

Le souhait de Serge est que l’ASBL continue d’exister après lui. A l’image de Coluche et ses "Restos du cœur", il se veut être le précurseur d’un projet qui aidera les malades à garder espoir. "Je n’ai pas d’enfants. Ce projet c’est un peu comme mon enfant. Je veux qu’il me survive." Le but de Serge Deguide n’est pas de mourir en mer. Mais si cela arrivait, il veut que le voyage continue à tout prix. "Je ne souhaite pas être le centre d’attention. Bien sûr je suis le prétexte de tout ça, mais je veux que ce soit d’une ampleur bien plus importante." Un site internet (www.unvoiliercontrelecancer.com) ainsi qu’une page Facebook sont consacrés au projet.