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Forte d’un triplé sur le 50 km de ski de fond puis d’un succès du bobsleigh à 4 piloté par Alexander Zubkob, un proche de Vladimir Poutine, qui ont assis la domination du pays au classement des médailles (33, dont 13 en or), la Russie a refermé, ce dimanche soir, le chapitre le plus cher de l’histoire des Jeux Olympiques en vendant du rêve aux milliards de téléspectateurs avec des scènes magiques et drôles, dans une ambiance de méga-fête. "Rus-sia ! Rus-sia ! Rus-sia !" a-t-on entendu une ultime fois avant de passer le relais à la ville-hôte des Jeux en 2018, Pyeongchang, en Corée du Sud.

Pour clore ses XXIIes JO d’hiver, la Russie a choisi de faire parler sa culture, sous les yeux de son président et grand ordonnateur de ces Jeux, Vladimir Poutine. Un bateau voguant dans les airs, des poissons tout en argent, des maisons volant à l’envers ont planté le décor. Et puis, il y a eu ce moment succulent et terriblement drôle, clin d’œil au raté de la cérémonie d’ouverture lorsqu’un des anneaux ne s’était pas ouvert, ce qui avait provoqué un nombre incommensurable de commentaires moqueurs.

Le clin d’oeil au raté d’ouverture

Pour la cérémonie de clôture, le tableau raté a été reconstitué à l’identique, au sol par des centaines de bénévoles vêtus d’argent. Le cinquième anneau s’est finalement ouvert en un clin d’œil. Ensuite ce fut l’entrée des artistes. D’abord les porte-drapeaux. On a pu voir l’homme de Sotchi, le Norvégien Ole Einar Björndalen, devenu le sportif le plus médaillé de l’histoire des Jeux d’hiver. Tous les athlètes encore présents à Sotchi ont déferlé dans le stade Fisht, en courant, sautant, dansant sur une bande son très actuelle.

Retour à un classique russe qui fait toujours son effet : les danseurs du Bolchoï. Les portraits géants de 12 grands écrivains comme Tolstoï ou Dostoïevski sont alors sortis du sol sous un tonnerre d’applaudissements très respectueux.

Un petit tour au cirque et le drapeau olympique change de camp. Direction la Corée du Sud, avec des tableaux doux et poétiques. Des arbres luminescents, des danseuses habillées de longues robes blanches et qui virevoltent autour d’un joueur de kayakeum, cet instrument traditionnel coréen.

Thomas Bach, président du CIO, a alors pris la parole pour mettre en exergue le visage de "la nouvelle Russie". "Il n’y a pas meilleur compliment que de dire au nom de tous les participants aux Jeux Olympiques : ce furent les Jeux des sportifs", a-t-il déclaré. "Ce soir nous pouvons dire : la Russie a tenu toutes ses promesses. Ce qui a pris des décennies dans d’autres parties du monde a été accompli en sept années", a souligné l’avocat allemand, avant de déclarer les Jeux "terminés" sous quelques sifflets de tristesse.

Les trois mascottes, de taille gigantesque, sont arrivées, patinant ou skiant, et l’une d’entre elles, l’ours polaire, a soufflé sur la flamme qui brûlait devant lui, provoquant l’extinction de la flamme olympique située dans la vasque à l’extérieur du stade. Des centaines d’enfants, petite flamme à la main, ont entonné un dernier chant, et le feu d’artifice a mis fin à l’histoire. Volontaires et athlètes se sont précipités sur la scène, transformée en dancefloor avec DJ. Quelques petites larmes mais de chaudes embrassades et un seul mot d’ordre : faire la fête !