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A 42 balais, Stéphane Mertens n'est pas encore rangé des mécaniques, un peu comme s'il voulait rattraper le temps perdu d'une carrière commencée sur le tard. «J'ai véritablement débuté la compétition à l'âge de 21 ans. J'avais bien fait un essai à l'âge de 18 ans mais j'avais plié ma Kawa 400 sur feu le circuit de Nivelles.» Sportif accompli, avant d'opter pour les gros cubes, Stéphane Mertens avait eu le temps de décrocher un titre de vice-champion de Belgique de 110 mètres haies.

Faire son nid en championnat du monde de vitesse quand on est un pilote belge n'est pas évident et Stéphane n'a pu compter que sur son sens de la trajectoire pour se frayer un chemin. Après un titre de Champion de Belgique de course de côtes en 1981 et un titre de vice-Champion d'Europe en 250 cc en 1983, il s'aligne en Grand Prix 250 cc de 1984 à 1987. «Ce furent des années de frustration, soupire-t-il. Mon matériel privé était peu performant et ne pouvait rivaliser avec celui des riches importateurs. A l'époque, la location d'une moto usine coûtait déjà 11 millions de francs par an... Pour compenser mon manque de performance, je prenais tous les risques et j'ai acquis la réputation d'un pilote qui chutait souvent. Ainsi, lors d'un GP de France disputé sous la pluie, je roulais deux secondes plus vite que le plateau mais je fus emporté par ma fougue...»

Malgré sa réputation de casseur, Stéphane fut approché par Kenny Roberts en personne.

UN VIRAGE SALVATEUR

Ses plus belles années, Stéphane les connaîtra à partir de 1988 avec la création du Championnat du Monde Superbike. Une quatrième place dès la première année sur Bimota et un titre de vice-Champion sur Honda en 1989. «Sans forfanterie, je peux dire qu'épargné par les ennuis techniques, j'aurais pu revendiquer deux couronnes.»

Ensuite Stéphane fut engagé par Ducatti, où la stratégie de course n'était pas des plus claires. «Je gagne la première course en 1991 et après, j'ai senti que je ne bénéficiais plus des mêmes évolutions techniques que mes équipiers Doug Pollen et Raymond Roche.» Même chose quelques saisons plus tard par rapport à l'Anglais Fogherty: «Il roulait avec une essence Agip qui faisait gagner 10 chevaux...»

Malgré ces hauts et ces bas, Stéphane Mertens est à ce jour le plus titré des pilotes belges en championnat du Monde de vitesse avec 17 victoires (11 en superbike, 6 en endurance avec un titre de Champion du Monde de la discipline en 1995).

En 1997, Stéphane range son cuir pour s'installer dans un baquet d'une Porsche en championnat Belcar. «J'ai senti que, malgré mon âge, mon avenir était toujours dans la moto.»

S'il avoue rouler aujourd'hui pour le plaisir, Stéphane mène de front un championnat du Monde d'Endurance qui vit une année de transition en mêlant les superbike 750 cc et les Superproduction 1 000 cc et la BMW Boxercup. Notre pilote occupe d'ailleurs la tête de ce championnat qui compte six manches et qui se court, sur des BMW R 1 100 S de série, en lever de rideau de trois Grand Prix et de trois épreuves d'endurance. «Les bagarres sont d'autant plus intéressantes que d'anciens champions sont invités à se mêler à la course.» Ainsi, avant les 24 Heures de Liège, Stéphane se mesurera à Randy Mamola en Boxercup, spectacle garanti.

Outre la compétition Stéphane fait partager son savoir-faire lors de stages qui réunissent des pilotes venus de tous horizons. «Certains voudraient se lancer en compétition, d'autres veulent seulement bénéficier de conseils susceptibles de sécuriser leur conduite de tous les jours.»

Passionné jusqu'au bout des ongles, à 42 ans, il reste une référence. Rendez-vous à Francorchamps ce week-end pour le constater de visu.

Web http://www.stephanemertens.com

© La Libre Belgique 2001