Omnisports La Namuroise va se concentrer sur ses performances épreuve après épreuve.

Fidèle à une ligne de conduite qui lui a toujours réussi jusqu’à présent, Nafi Thiam ne s’aventure pas à des projections forcément un peu hasardeuses. Même s’il est clair, depuis quelques mois, que la patronne actuelle dans les épreuves combinées, c’est elle ! En témoigne son statut de star montante de l’athlétisme qui lui a valu cette semaine les égards des médias britanniques et de bon nombre d’observateurs internationaux la pointant parmi les athlètes à suivre pendant ces Mondiaux de Londres.

Pourriez-vous vous satisfaire d’un autre métal que l’or ?

"C’est difficile à dire. Je ne peux juger ma performance qu’à la fin de l’heptathlon mais je ne peux pas me prononcer sur un ranking avant la compétition. C’est pour ça que je me suis toujours dit : ‘concentre-toi sur tes records, concentre-toi sur toi.’ Pourquoi se fixer des objectifs qui ne dépendent pas uniquement de toi ? J’ai peut-être un esprit trop logique pour me mettre des objectifs de classement mais pour moi, cela n’a pas de sens de faire ça. Moi-même je n’y croirais pas, cela ne servirait à rien et ce ne serait pas motivant. Je préfère avoir des objectifs qui ont du sens et qui vont vraiment me motiver."

Usain Bolt, lui, n’envisage rien d’autre que la victoire et il le dit haut et fort !

"Oui, mais chaque athlète est différent. Bolt, c’est une légende, il n’est pas comme nous. Chaque athlète a sa mentalité et il ne faut pas essayer de coller à la mentalité de quelqu’un d’autre ou essayer de rentrer dans un moule. Chacun a une façon différente de voir les choses et il faut rester fidèle à soi-même. Je n’ai pas envie de changer pour l’athlétisme, qui est une partie de moi mais certainement pas tout, et je n’ai pas envie d’effacer tout le reste."

N’auriez-vous pas envie de vous entraîner davantage pour voir où sont vos limites ?

"Si je veux m’entraîner une heure ou deux de plus par jour, je pourrais le faire, dès maintenant. Mes études me le permettent. Mais là n’est pas la question. Jusqu’ici, avec Roger (NdlR : Lespagnard, son coach) , on a simplement cherché à en faire un peu plus chaque année. Si je commence à doubler la charge d’entraînement, je vais me blesser et arrêter de progresser. Travailler plus, ce n’est pas forcément la recette du succès; c’est travailler mieux. Là, on travaille plus en quantité et en qualité, on est de plus en plus à l’écoute de mon corps, on fait des soins réguliers, pour moi, c’est ça, l’évolution idéale. Si j’arrêtais mes études cette année, je ne m’entraînerais pas plus pour autant. Et le fait de partir six mois en stage et de m’entraîner deux fois par jour ne m’aiderait pas à progresser."

Le même disque qu’en 2015 ?

Avec Kevin Borlée et Philip Milanov dans ses rangs, la délégation belge peut s’appuyer sur nos deux derniers médaillés aux championnats du monde. Si le Bruxellois entrera en lice ce samedi sur 400 m, le Brugeois, lui, sera déjà à pied d’oeuvre dans les qualifications du lancer du disque (groupe A, à 20 h 20) dès ce vendredi afin de tenter de se qualifier pour la finale. Pour ce faire, il devra lancer à 64,50 m ou figurer parmi les 12 meilleurs du jour.

Vice-champion du monde voici deux ans à Pékin, Philip Milanov, dont le record national est de 67,26 m, veut, en tout cas, tourner définitivement le dos à sa contre-performance de Rio. "J’ai montré cette saison (NdlR : 6 fois à plus de 65 m, et une pointe à 67,05 m) que j’étais plus constant, plus stable et plus puissant. Mais en qualifications, on n’a quasiment pas le droit à l’erreur", rappelle-t-il avec sa méfiance coutumière.

Vainqueur lors de la manche Diamond League de Londres en 2015, puisse l’athlète de 26 ans se laisser inspirer une nouvelle fois par le stade olympique...