Omnisports Thierry Neuville compte bien jouer la victoire ce week-end en Allemagne.

Pour la première fois depuis sa création en 1973, un pilote belge occupe la tête du championnat du monde des rallyes. Bien remonté après un début de saison catastrophique, Thierry Neuville a profité de la virée finlandaise de son rival Seb Ogier pour revenir à sa hauteur. Grâce à ses trois victoires pour deux seulement au Français, notre compatriote est considéré comme le leader du "Mondial" et ouvrira donc la route ce vendredi en bord de Moselle.

Thierry, s’élancer en premier pour la première étape ne constitue pas un désavantage ici en Allemagne ?

"Non, pas du tout. Sur le sec, cela ne change quasi rien. Et s’il pleut ou sur le mouillé cela pourrait même représenter un avantage."

C’est ici que vous avez remporté votre premier succès en 2014 avec Hyundai déjà. Pensez-vous pouvoir rééditer cette performance ce week-end ?

"Tout à fait. Je connais bien ce rallye où je suis régulièrement monté sur le podium et je joue quasi à domicile, devant des milliers de supporters, dans une super ambiance. En 2016 encore, malgré la domination affichée par VW, j’ai terminé assez proche. À une vingtaine de secondes à peine malgré un tête-à-queue et un petit souci technique. Donc, je peux gagner, oui, c’est certain."

Va-t-on assister au duel attendu avec Sébastien Ogier ?

"Il ne sera pas le seul concurrent à battre. Il va y avoir Meeke certainement car Citroën a mis le paquet, mais aussi Dani Sordo, Ott Tanak et Jari-Matti Latvala. Les écarts entre la première et la cinquième place seront très serrés. Il n’y aura pas une seconde à perdre."

Dès lors, quelle sera votre tactique ?

"Partir vite d’emblée car ce n’est pas avec des 4es ou 5es places que je peux être sacré. Ma priorité, bien sûr, est de devancer Seb Ogier, mais je veux lui reprendre plus qu’un ou deux points qu’il pourrait récupérer dans la Power Stage . Je vais donc attaquer dès le premier jour afin d’essayer d’avoir un peu moins de pression par la suite."

Les compteurs ont été remis à zéro. Ce sera désormais à celui qui ne commet pas d’erreur lors des quatre dernières manches ?

"On sait que cela va être très serré jusqu’à la fin d’année et qu’il faut essayer à chaque fois de terminer sans souci mécanique ni erreur. Ce n’est pas évident de jouer la gagne quand vous savez qu’en même temps vous jouez le titre. Seb et moi avons clairement plus à perdre que certains outsiders prêts à prendre plus de risques."

L’objectif est d’arriver en Australie avec une certaine marge ? Car là-bas, la première position sur la route constitutera assurément un handicap...

"J’essaie de ne pas penser aussi loin. Peut-être que la situation se sera décantée d’ici là. Il est clair que cela pourrait jouer et que j’espère pouvoir me présenter pour la finale australienne avec au moins une dizaine de points d’avance. Car n’en posséder que cinq pourrait s’avérer compliqué. Je préfère ne pas compter sur la dernière manche pour être sacré. Je vais essayer de me mettre à l’abri avant."