Omnisports

On se projette quelques semaines plus loin, et on prend un cas de figure plausible: Charleroi est champion de Belgique et Jacques Stas est élu Joueur de l'Année. A 35 ans et alors qu'on le disait voué à un rôle de figurant à Charleroi, le Liégeois décroche sa troisième couronne individuelle. Certes, ce serait beau pour le joueur qui fait une excellente saison. Cela dit, ce serait le reflet d'une tendance négative pour le basket-ball belge. Les joueurs belges qui ont un rôle majeur au sein de l'élite sont en diminution constante. Ce week-end, dix-sept d'entre eux figuraient dans les équipes de départ. C'est peu. Si l'on continue à faire appel à des joueurs étrangers, on ne pourra bientôt plus faire un vote de Joueur de l'Année sans l'ouvrir aux Bosman A et B ou aux éléments bénéficiant des accords de Cotonou. Ne soyons pas dupes! Engager un Belge coûte beaucoup plus cher qu'enrôler un communautaire. Cela dit, il est grand temps de fixer une limite comme cela se fait déjà dans certains pays. A Anvers, Ronny Bayer fait confiance aux Belges. Ce qui est également le cas à Vilvorde, à Pepinster et à Wevelgem. Il est d'autres endroits où ils se contentent de s'asseoir sur le banc. Vendredi soir, au coup d'envoi de Liège-Ostende, il n'y avait qu'un seul de nos compatriotes (Matthias Desaever en l'occurrence) sur le parquet, le cinq lié geois étant composé de deux Américains, d'un Letton, d'un Anglais et d'un Bahamien. «Nos bons éléments quittent le pays et nous héritons souvent de seconds choix étrangers», nous a dit un formateur. C'est tellement vrai.

© Les Sports 2004