Van Snick : "J’ai dansé et fêté jusqu’à 5 h"

Thibaut Vinel Publié le - Mis à jour le

Omnisports

Charline Van Snick vient de vivre un week-end absolument fou qui s’est achevé hier soir à la Belgium House en compagnie du prince Philippe et de la princesse Mathilde. Ces derniers étaient déjà présents, avec leurs enfants, lors de la conquête de la médaille de bronze de la nouvelle égérie du judo belge. Partagée entre l’envie de voir un maximum de compétitions et certaines obligations, elle a pris le temps de replonger dans ses émotions de samedi. "Ces succès m’ont confortée dans mon envie de conquérir la première place mondiale. Je donnerai tout pour y arriver."

Elle a aussi goûté avec plaisir à la nouvelle vie qui s’offrait à elle après avoir passé un contrôle antidopage féérique. "J’y suis restée très longtemps. La stagiaire n’était pas douée. Elle s’est trompée de case pour mon nom. Elle a écrit 28 juin au lieu de juillet. Elle m’a attribuée la cinquième place alors que j’ai fini sur le podium. Elle a même fait une faute dans mon nom."

Après cet épisode, elle a démarré une longue marche triomphale marquée par un arrêt émouvant lorsqu’elle a enfin revu ses parents. "J’ai accordé des interviews, signé des autographes, pris une douche. En début de soirée, j’ai enfin pu retrouver mes parents présents à la Belgium House. J’étais touchée de les voir aussi émus. J’étais fière de leur avoir procuré tant de joie."

Une foule de supporters séduits par la judoka couronnait le bonheur d’une athlète en quête de reconnaissance. "En judo, on partage ses victoires entre judokas. Ici, j’ai pu communier avec les supporters belges. Un grand moment !"

Jusqu’à 2 heures du mat’, la quatrième médaillée des JO de Londres a décompressé à Middle Temple. "J’ai dansé et fait la fête en buvant un peu d’alcool. Pas trop. Quand vous avez subi un tel régime pendant la semaine, l’alcool monte vite à la tête. Évacuer la pression après une si grosse compétition est fondamental." Elle évite aussi de reprendre du poids. "Je suis descendue à 48 kilos. Comme je suis une gourmande sucré-salé, j’essaye de ne pas prendre plus de 4000 grammes."

De retour dans sa chambre, sa journée, démarrée à 4h du mat, était loin d’être finie. Durant 3 heures, elle a pris le temps de répondre à la centaine de SMS reçus et aux nombreux messages sur internet. "J’ai aussi vu des images tournées à Saive où j’étais super émue de voir mes frères interrogés dans le hall sportif chez moi."

"Je vais chercher une maison car j’aimerais voler de mes propres ailes"

Ahtlète douée, la jeune femme a remporté une autre victoire. En affichant clairement ses ambitions, elle a démontré un tempérament qui sortait des discours minimalistes belges. Elle a aussi évité la langue de bois si chère aux sportifs d’un certain rang. Elle ne mâche d’ailleurs pas ses mots en évoquant ses adversaires. "J’aime le judo qui véhicule des traditions. C’est une école de vie. En revanche, avec les judokas de ma catégorie, c’est la guerre. On ne se parle pas. Il serait inimaginable que l’une d’elles baisse les yeux en croisant une autre. Nous sommes sûres de nous." Derrière cette athlète déterminée se cache un être sensible qui tend toujours l’oreille avant de monter sur le tatami. "J’entends ma maman qui crie ‘Allez Chachou’. J’adore."

Elle restera aux JO jusqu’à la cérémonie de clôture avec l’objectif de voir un maximum de Belges en action. "J’ai envie de remettre mon kimono, mais j’ai besoin de repos. J’ai d’autres projets. Je vais chercher une maison car j’aimerais voler de mes propres ailes. Les 20.000 euros de prime pour la médaille m’aideront un peu. Je commence des vacances jusqu’au mois d’octobre. Mon prochain défi sportif ? Probablement le Grand Chelem de Tokyo en décembre." Thibaut Vinel

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