La Libre.be > Sports > Tennis > Article
Livre
Henin, sa vie à travers Roland Garros
christophe blaivie
Mis en ligne le 25/02/2008
entretien
Il n'y a pas si longtemps encore grand animateur de la rubrique tennis dans ces colonnes, Patrick Haumont est aujourd'hui rédacteur en chef de la télévision communautaire Antenne Centre (La Louvière). Il n'en demeure pas moins un observateur attentif des choses du tennis et, à 46 ans, Patrick Haumont affiche encore un classement plus que respectable, B-4/6.
Votre première biographie, "le bonheur au fond du court", était réalisée sur la base d'entretiens avec la joueuse, ce qui n'est plus le cas pour le livre qui nous occupe.
La première biographie se concluait par le premier titre en grand chelem de Justine, à Roland Garros, en 2003. Nous ne pouvions donc en rester là. J'ai proposé à Justine de collaborer à la confection de ce livre, elle a décliné l'offre. Je me suis alors lancé seul. Par correction, je lui ai soumis le manuscrit avant publication. Elle n'y a relevé aucune objection majeure. Ce nouveau livre n'est pas la suite stricto sensu du premier, il retrace toute la vie de Justine au travers de sept chapitres : l'enfance, l'adolescence, Carlos Rodriguez; sa maman; Monaco et l'argent; Pierre-Yves et sa famille c'est-à-dire José Henin, Sarah, David et Thomas.
Ces chapitres s'égrènent au fil des sept "tours" nécessaires pour gagner Roland Garros. Peut-on dire que le tournoi parisien est le véritable socle de la carrière tennistique de Justine Henin ?
Assurément et même davantage. Elle est née pendant Roland Garros. C'est des tribunes du central qu'elle a fait la promesse à sa maman d'y gagner un jour; ce fut effectivement sa première victoire majeure et à ce jour, elle y collectionne quatre succès.
Après son mariage avec Pierre-Yves Hardenne, on louait une Justine plus épanouie dans son tennis. N'est-ce pas dès lors paradoxal qu'elle livre sa meilleure saison - 2007 - au moment où le couple vole en éclats ?
Je crois surtout que Justine puise dans les épreuves de la vie, les bonnes comme les mauvaises, des impulsions pour nourrir son tennis. Je rappelle quand même que sa deuxième meilleure année fut 2003, juste après son mariage...
Comment voyez-vous la suite de sa carrière ?
C'est peut-être passé inaperçu mais au micro de notre consoeur de la RTBF, Christine Hanquet, elle a lâché une petite phrase du style : "si je veux rester au top encore deux ans..." C'est la première fois, à ma connaissance, qu'elle chiffrait une échéance. Dès qu'elle se sentira décliner, Justine ne fera plus de vieux os sur le circuit. C'est le propre des championnes.
Mais qui peut l'inquiéter à l'heure actuelle ?
Je ne vois que Maria Sharapova qui, il ne faut pas l'oublier, n'a que vingt ans. Si la Russe confirme ses bonnes dispositions actuelles, on devrait assister à une passation de pouvoir en 2009, pas avant.
Une victoire à Wimbledon, vous y croyez ?
A Londres, Justine est un peu dans la même situation que Roger Federer à Paris... Davantage de joueuses peuvent l'inquiéter sur gazon, je pense aux "grosses serveuses" que sont Sharapova, les Williams et même Davenport. D'un autre côté, je crois que c'est Wimbledon qui permet à Justine de rester au top. Une fois qu'elle aura gagné sur le gazon londonien, elle n'aura plus de quête véritable. Et alors quoi ?
Quand à l'après- Justine, on n'ose y songer...
Quand Justine arrêtera, cela marquera la fin de vingt années de progression constante du tennis féminin belge au travers de duos qui ont fait office de locomotives : Wasserman-Devries; Appelmans-Monami et Henin-Clijsters. Justine incarne le sommet d'une courbe sinusoïdale. On ne pourra donc que régresser même si Wyckmayer et Hendler sont de potentielles "top 30". Et c'est le même constat chez les garçons. La RTBF payera-t-elle encore les droits de l'Australian Open pour seulement deux athlètes du "Top 30" ? J'en doute personnellement. On se retrouvera vite avec l'unique Roland Garros à la télé, comme il y a vingt-cinq ans. Les sponsors déserteront, etc... Je souhaite me tromper mais je ne suis pas très optimiste pour le tennis belge.
"Justine Henin, la reine de Roland Garros", éditions Luc Pire, 15 euros dans les bonnes librairies.
Des députés se transforment...
Des inédits érotiques au...
La Croisette s'amuse !
Lâcher de ballons pour les...