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Masters Series de Berlin
Justine Henin perd la flamme...
Serge Fayat
Mis en ligne le 09/05/2008
Justine Henin (WTA 1) a quitté, jeudi, le tournoi de Berlin avec un sentiment qu'elle qualifiait de "mitigé" après avoir subi une défaite inattendue contre Dinara Safina (WTA 17) au stade du troisième tour. La Famennoise, qui espérait fermement se relancer à l'occasion de ses retrouvailles avec la terre battue, a vécu une nouvelle désillusion dans un début d'année 2008 bien pénible en s'inclinant 5-7, 6-3 et 6-1 après avoir pourtant mené 7-5 et 2-0.
"C'est très décevant", confia-t-elle la mine déconfite et la tête pleine d'interrogations. "Ce n'est jamais gai de perdre, mais je n'ai jamais dégagé d'intensité ni de régularité. C'est dur, mais il n'y a pas grand-chose d'autre à dire. Elle a été la meilleure. Moi, je n'en ai pas fait assez. Elle a été solide en jouant avec des frappes très lourdes sur mon revers, ce que je n'aimais pas beaucoup. J'étais toujours en défense et pas du tout " dedans" . J'aurais aimé jouer plus de matches ici, mais c'est comme ça. Là, je vais me reposer un peu et je suis supposée jouer à Rome la semaine prochaine."
Que se passe-t-il avec Justine Henin ? Où est passée la joueuse si sereine dans sa tête et si conquérante dans son jeu qui, il y a encore quelques mois, dominait le tennis féminin de manière insolente ? A Berlin, elle a enregistré sa quatrième défaite de la saison déjà, soit autant que sur l'ensemble de l'année dernière. Plus inquiétant, elle a une nouvelle fois dégagé l'impression de manquer de ressort, subissant les événements plus qu'elle ne les commanda contre une adversaire qui n'en demanda pas tant.
"Ce qui m'arrive est humain", analysa-t-elle à chaud, une heure après son match. "L'envie est moindre. J'essaie de me relancer, mais je ne me sens pas sur le court comme avant. Il me manque quelque chose. C'est frustrant. Le problème n'est pas du tout physique. Il est mental. J'ai puisé énormément dans mes ressources l'an dernier et j'ai un peu moins la flamme. Dès lors, j'ai l'impression d'être lente, sans réaction et de ne pas avancer sur le terrain. Si j'ai pu revenir dans le premier set après avoir été menée 5-3, c'est surtout parce qu'elle a fait beaucoup d'erreurs. J'ai trop de hauts et de bas, ce qui est synonyme d'une certaine fatigue..."
Pour être performante, Justine Henin est obligée, vu son gabarit, de rentrer dans le terrain et de prendre la balle tôt pour désarçonner l'adversaire. Sans quoi, comme elle l'avait stigmatisé la veille, elle devient une joueuse banale. Jeudi, Dinara Safina l'a ainsi battue avec une tactique très simple, pilonnant son revers par de grandes frappes liftées pour la repousser derrière sa ligne de fond avant de l'agresser côté coup droit. Et si une telle joueuse en est capable, d'autres doivent se dire qu'elles peuvent y arriver aussi. Pas vraiment ce dont elle avait besoin à deux semaines de Roland-Garros...
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