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Entretien
Un héritage très lourd à porter
Thibaut Vinel
Mis en ligne le 17/05/2008
Les retraites conjuguées de Justine Henin et de Kim Clijsters en moins d'un an marquent la fin d'un cycle. Julien Hoferlin, qui suit avec attention l'évolution du tennis belge depuis une vingtaine d'années, a pris le temps de se poser un instant pour dresser l'état des lieux de notre tennis. Et surtout aborder son avenir proche...
Julien Hoferlin, les discours émanant de l'Association Francophone de Tennis (AFT) se veulent rassurants quant à la qualité de la relève. Pouvons-nous réellement être sereins quant à notre avenir tant à l'ATP qu'à la WTA ?
Aujourd'hui, il faut remettre le tennis belge à sa juste place. Nous n'aurons plus jamais une Kim ou une Justine. En tennis, tout n'est pas blanc ou noir. Il ne faut pas gagner une levée du Grand Chelem pour être quelqu'un. Remettons nos ambitions à leur juste mesure, à l'échelle de la Belgique.
Justement, quelle est notre place avec la génération nouvelle ?
Je vois deux joueuses capables de réaliser une carrière aussi belle que celles de Sabine Appelmans et de Dominique Monami : Tamaryn Hendler et Yanina Wickmayer. L'une et l'autre atteindront le Top 30 assurément. Ensuite, elles devront se fixer de nouveaux objectifs. Monami a atteint le Top 10 (9e) et Appelmans, le T op 20 (16e). Yanina et Tamaryn suivront cette même trajectoire. Pour Tamaryn, qui n'a que 15 ans, nous devrons être patients. Yanina, 18 ans, est déjà une marche au-dessus, même si la route est encore longue.
D'ici là, nous devrons quand même broyer du noir pendant quelques années...
Nous vivrons une période de 2-3 ans de vaches maigres. Cette donne est nouvelle en Belgique. Depuis 20 ans, notre tennis a toujours surfé sur le succès d'un duo magique. Après Wasserman-Devries, nous avons eu, dans la foulée, le binôme Appelmans-Monami avant de connaître l'apothéose avec Clijsters-Henin. Toutes ces locomotives ont apporté des références aux plus jeunes joueurs désireux de se lancer dans cette aventure.
Le grand public, non averti, ne risque-t-il pas de mal réagir en ne voyant plus de résultats probants ?
Le public a appris durant 20 ans à avoir des résultats en constante progression. Aujourd'hui, nous plongeons dans l'inconnu. Il faudra voir comment le monde de la presse réagira. Les journalistes continueront-ils à se rendre à l'étranger ? Comment les télévisions s'investiront-elles dans le tennis ? Les passionnés devront accepter que les médias parlent moins de tennis et qu'un 3e tour à Roland-Garros est une belle performance. Nous avons banalisé les finales de Grand Chelem.
Du côté de l'ATP, Xavier Malisse peine à revenir dans le "Top 100" , Olivier Rochus souffre de l'épaule, Kristof Vliegen est dans le creux. Ne sommes-nous, de ce côté-là, pas également au crépuscule d'un cycle ?
Non. Certes, ces joueurs sont plus prêts de la fin de leur carrière que du début mais il leur reste encore quelques belles années devant eux. Aucun de ces joueurs n'a prévu de ranger ses raquettes. Ces gars ont un vrai potentiel. Ils sont capables sur une saison de battre les meilleurs joueurs. Nous avons à l'ATP cinq joueurs capables de figurer dans le Top 100...
Éclaircie dans la grisaille, Steve Darcis sort des rangs...
Oui, il est doué sur toutes les surfaces. La suite de sa carrière dépendra de sa faculté à être à l'écoute de son corps. Il connaîtra des pics dans sa carrière comme les Rochus, Malisse et Vliegen. Il est capable de se maintenir dans le Top 40 sur le long terme.
A combien situeriez-vous votre capital confiance en la relève ?
Je dirais sept sur dix. J'ai une certitude : en Belgique, nous aurons toujours des joueurs dans le Top 100 mondial.
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