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"La risée du monde entier"
Serge Fayat
Mis en ligne le 07/11/2009
Le porte-parole de Yanina Wickmayer, Xavier Malisse et son frère Olivier ont improvisé, vendredi dans la Lotto Arena d’Anvers, une conférence de presse pour unir leurs forces afin de combattre un verdict qu’ils jugent "scandaleux et injuste" d’un an de suspension infligé par le tribunal antidopage flamand. Ils ont été rejoints par le boxeur Sugar Jackson et son manager, qui craint de subir le même sort pour ne pas avoir été en règle avec les recommandations antidopage (voir page 45). "La maman de Yanina est morte une deuxième fois", s’est exclamé, des trémolos dans la voix, Chris Goossens, le médecin traitant de la joueuse, qui a participé en son temps au nouveau décret antidopage de la Communauté flamande. "Je ne suis pas fier d’être Flamand. C’est une sanction terrible. Je ne savais pas que la bureaucratie flamande communiquait ainsi, sans contacter ou prévenir les gens en cas de problème. Il y a l’esprit et la lettre. On fait tout pour enfoncer ses propres sportifs. C’est Kafkaiën."
La main devant le visage pour masquer ses larmes, Xavier Malisse a pour sa part déclaré que si cette suspension d’un an était maintenue, il pouvait mettre un terme à sa carrière. "C’est la fin", glissa-t-il. "J’aurais 30 ans passés et je ne me vois plus recommencer de zéro alors que je viens de me battre durant deux ans pour revenir dans le "Top 100". C’est dur. Je n’ai jamais rien fait de mal", ajouta-t-il, tandis que Rudi Kuyl, le porte-parole de Yanina Wickmayer, confia que l’Anversoise et son papa, encore à Bali, étaient "démolis".
"Yanina n’y comprend rien", raconta-t-il. "Elle est abasourdie. Son père, lui, est fou de rage. Je ne tiens pas à répéter ses propos, car ils ne sont pas publiables. En tennis, ce n’est pas comme en athlétisme. Un an d’inactivité a des conséquences dramatiques. Yanina risque de se retrouver 800e mondiale, si pas plus loin, et de devoir recommencer par des tournois 10 000 dollars."
Le porte-parole de l’Anversoise, les frères Malisse et le docteur Chris Gossens veulent bien admettre avoir fait preuve, à un certain moment, d’un éventuel laxisme. Mais ils ne peuvent concevoir que cela ait pu entraîner une sanction aussi démesurée de la part d’une instance qui dégage l’impression de s’être montrée plus catholique que le pape. Après tout, d’autres sportifs accusés de faits nettement plus graves s’en sont sortis avec tous les honneurs. "On a abattu un petit lièvre avec un canon. Nous risquons d’être à nouveau la risée du monde entier", glissa encore Chris Goossens.
Par leur action, ils espèrent surtout sensibiliser l’opinion publique et faire réagir le monde politique, le seul pouvant, paraît-il, les aider. Entre-temps, l’avocat Johnny Maeschalk étudie toutes les pistes de recours possibles, car il n’est pas certain qu’une procédure d’appel devant le Tas apporte le salut. "Non seulement elle coûte cher, rien que 5 000 € pour l’introduction du dossier mais en plus elle pourrait prendre plusieurs mois", confia encore Rudi Kuyl. "Nous espérons trouver le plus rapidement possible une solution à ce drame humain "
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