Tennis

De nouveau blessé, Rafael Nadal a jeté l'éponge au cinquième set de son quart de finale de l'Open d'Australie contre le Croate Marin Cilic, mardi à Melbourne.

C'est cette fois la cuisse du N.1 mondial qui l'a empêché de défendre ses chances jusqu'au bout. L'Espagnol a demandé un temps mort médical à 2 set à 1 pour lui, 4 jeux à 1 pour son adversaire dans la quatrième manche pour se faire masser le haut de la cuisse droite. Par la suite, il n'a plus été capable de courir normalement, boitant ostensiblement entre les échanges.

Il a préféré arrêter après deux jeux dans le cinquième set et 3 heures 47 minutes, sur le score de 3-6, 6-3, 6-7 (5/7), 6-2, 2-0. Un événement rarissime pour un joueur qui répugne fortement à ne pas aller au bout de ses rencontres. C'est seulement la deuxième fois qu'il abandonne au cours d'un match du Grand Chelem. La première, c'était déjà lors d'un quart de finale de l'Open d'Australie, en 2010, contre Andy Murray. Il avait aussi renoncé avant son troisième tour de Roland-Garros en 2016.

"J'avais la jambe complètement bloquée. J'avais très mal dès que je bougeais. J'attendais de voir si les antiinflammatoires allaient faire de l'effet mais finalement je ne pouvais plus bouger, et sans bouger je n'allais pas gagner", a dit Nadal, vainqueur de l'édition 2009.

 La tristesse de Nadal

Très affecté après le match, il a avoué sa "tristesse". "C'est un tournoi que j'adore et je me sentais capable de lutter pour le titre. Ca m'est déjà arrivé plusieurs fois ici", a dit le Majorquin, qui avait disputé la finale très diminué en 2014 contre Stan Wawrinka.

Quant à la nature exacte du mal, il a préféré ne pas s'exprimer avant d'avoir passé des examens mercredi. Il ne s'agit pas en tout cas d'un réveil de la blessure au genou qui l'avait contraint au forfait au Masters en novembre, mais d'une douleur en haut de la jambe.

Rien ne dit que sans cette blessure, la énième d'une carrière qui a très souvent été perturbée par les problèmes de toute sorte, au pied, au genou, au poignet, au dos, l'homme aux seize titres du Grand Chelem se serait tiré d'affaire.

Le tableau dépeuplé

Cilic, 6e mondial, jouait en effet du grand tennis depuis le début du match et acculait la plupart du temps son rival à la défensive, comme le montre le nombre des coups gagnants: 83 coups gagnants à 39 pour le vainqueur de l'US Open 2014. S'appuyant sur son grand service (20 aces), le Croate prenait tous les risques et acceptait de faire des fautes (62) pour déstabiliser Nadal, dont les coups manquaient un peu de tranchant même avant la blessure. "J'étais à la lutte et j'avais un set d'avance", a-t-il toutefois noté.

Peut-être l'Espagnol, âgé de 31 ans, ne se serait-il pas blessé s'il avait pu faire une préparation complète. Mais il avait dû différer sa rentrée, d'abord prévue à Brisbane, car il se sentait encore trop juste. "Nous avons tout fait pour que je sois prêt et je crois que je l'étais", a-t-il dit.

Dépité, le N.1 mondial, qui conservera sa place malgré sa défaite, a adressé une pique aux dirigeants du circuit professionnel, à qui il reproche d'organiser trop de tournois sur dur, la surface la plus usante pour l'organisme. "Quand tant de joueurs sont blessés, ils devraient au moins se demander si tout est fait pour la santé des joueurs", a-t-il dit.

L'abandon de Nadal, au lendemain de la défaite de Novak Djokovic, laisse le tableau dépeuplé. Il n'y a plus que trois têtes de série dans le tournoi, Cilic (N.6) dans le haut, qui affrontera le Britannique Kyle Edmund en demi-finale, et dans le bas Roger Federer (N.2) et Tomas Berdych (N.19) qui s'affrontent mercredi en quart de finale.