Tennis Leslie Butkiewicz a accueilli avec le sourire la parution du nouveau classement WTA ce lundi. L'Anversoise, éliminée avec Caroline Maes en demi-finales du tournoi de double de Joué-les-Tours la semaine passée (25000$), a effectué un bond spectaculaire dans la hiérarchie, passant de la 460e à la 344e place. Soit trois places de moins que ce qui constituait son meilleur classement en simple depuis ses débuts professionnels en 2000. Une situation qui a le mérite de balayer les effets d'une saison 2003 gâchée par une blessure aux abdominaux et une autre au pied.

«Je récolte en fait les fruits de ma victoire à Nantes où j'ai remporté un 25000 dollars, explique la joueuse de 22 ans. Ce succès s'ajoute à ceux remportés cet été à Westende et à Zwevegem, deux 10000 dollars. Alors que j'avais très mal débuté la saison, je suis en réalité en train d'accomplir ma meilleure saison. Je vais tâcher de profiter de ma forme pour engranger un maximum de points à l'occasion des trois ou quatre tournois que je vais encore disputer cette année.»

Et, pourtant, celle qui est devenue hier la cinquième joueuse belge (derrière Henin, Clijsters, Callens et Flipkens) a bien failli tout plaquer au printemps. «C'est vrai, j'y ai songé très sérieusement lorsque les mauvais résultats se sont accumulés. Moralement, c'était difficile à accepter parce que mon classement n'évoluait plus depuis plus de deux ans. Et puis, financièrement, il faut pouvoir assumer des voyages très nombreux en Europe en plus des entraînements et d'autres frais. Et comme je n'ai pas de sponsor, je joue systématiquement des interclubs en France et aux Pays-Bas qui sont rémunérateurs. Toute aide est la bienvenue!»

Si elle dépeint de manière plutôt sombre le quotidien des joueuses «anonymes», la citoyenne de Merxem ne jalouse toutefois pas la vie «facile» des Henin et Clijsters. «En Belgique, les autres joueuses sont fières du parcours de Justine et Kim, lance la nouvelle étudiante en kiné. Elles ne sont pas là par hasard et on n'a pas le droit de les jalouser. Mais c'est un euphémisme de dire que je ne mène pas une carrière facile. Je crois que c'est le lot de toute joueuse qui ne fait pas partie du top 100. Rien qu'en Europe, il y a énormément de très bonnes joueuses. Il faut s'accrocher!»

Forte d'un optimisme retrouvé, l'Anversoise se sent cependant prête à relever un défi qui, pour beaucoup, se révèle tout simplement insurmontable.

© Les Sports 2004