Tennis Le Liégeois sera le grand atout belge pour ce premier tour piège face à la Hongrie.

Il est là, fidèle au poste. La Coupe Davis fait désormais partie de son ADN. "C’est sûr, si j’avais atteint l’un des derniers tours de l’Open d’Australie, j’aurais peut-être été obligé de prendre un peu de repos. Deux semaines de Grand Chelem, ça use. Mais comme j’ai été éliminé au deuxième tour, la question ne s’est pas posée", sourit David Goffin.

Le finaliste du dernier Masters admet que ce départ prématuré de Melbourne a été une vraie déception. Mais il a réussi à vite tourner la page. C’est dans sa nature de regarder devant lui. "La fin de saison dernière a été très chargée. Quelque part, il était logique d’avoir un petit coup de mou. Là, tout va bien. À l’entraînement, les sensations sont plutôt bonnes…"

La Coupe Davis réussit traditionnellement bien au n°1 belge. Avec 21 victoires pour seulement trois défaites, il présente des statistiques remarquables en simples où il est invaincu depuis son fameux match face à Andy Murray lors de la finale de 2015 à Gand. Logiquement, il devrait donc survoler les débats face aux Hongrois. Prudent, il se garde cependant de tout excès de confiance, même pour son premier simple de ce vendredi face au modeste Attila Balazs. "Je l’ai affronté l’été dernier à Umag, sur terre battue. Je l’avais battu difficilement en trois sets. Bien sûr, je revenais de blessure. Mais c’est un adversaire coriace…"

Et David s’attend, surtout, à une rencontre compliquée face au n°1 magyar Marton Fucsovics, l’une des révélations de ces derniers mois. "On n’a jamais encore joué l’un contre l’autre. Mais c’est un joueur très solide dans tous les secteurs du jeu, puissant, athlétique. Il est en grande forme. Il l’a prouvé en Australie (NdlR : où il a perdu en huitièmes face à Roger Federer). Et il sera très motivé. Je devrai être à mon meilleur niveau si je veux m’imposer…"

On peut lui faire confiance. Au fil des ans, David a appris à parfaitement gérer ce genre de rendez-vous. Et, sur les hauteurs du Sart-Tilman, il pourra compter, en outre, sur le soutien inconditionnel de son cher public liégeois. S’il le faut, il se dit même prêt à disputer le double du samedi ! "Je suis OK pour tout…", glisse-t-il, un peu de malice dans le verbe.

On se souvient que lors de la finale face à la France à Villeneuve-d’Ascq, Goffin avait déjà affiché sa disponibilité pour disputer le double. Il avait même évoqué un duo avec Steve Darcis. Le capitaine Johan Van Herck avait préféré faire confiance à sa paire habituelle Bemelmans-De Loore. Qu’en sera-t-il cette fois ? En l’absence de Steve Darcis, Ruben Bemelmans devra théoriquement disputer deux simples avec, peut-être, à la clé, des rencontres fatigantes physiquement et mentalement. L’idée de titulariser Super-David en double au côté de Joris De Loore pourrait, dès lors, faire son chemin. Goffin n’a jamais remporté de match de double en Coupe Davis (3 rencontres, 3 défaites). Il faut un début à tout…


Ruben Bemelmans: "Je suis à 100 %"

En l’absence de Steve Darcis, blessé au coude, le Limbourgeois sera le n°2 de l’équipe belge. Un vrai défi pour ce joueur de l’ombre. "Beaucoup considèrent bizarrement que je suis uniquement un joueur de double. C’est faux. Les simples ont toujours été ma priorité. Et je vais tout faire pour le prouver ce week-end. J’ai bien commencé l’année en sortant des qualifications à Melbourne et en passant un tour face à Lucas Pouille. Mes douleurs aux adducteurs, qui m’avaient handicapé au 2e tour face à Basilachvili, sont oubliées. Je suis à 100 % !"


Le danger s'appelle Marton Fucsovics

Il s’appelle Marton Fucsovics, il a 25 ans et occupe la 63e place du ranking ATP. En Hongrie, c’est carrément un héros national depuis qu’il a permis à son pays d’intégrer, en septembre, le Groupe Mondial. Victorieux de trois matches, le natif de Nyiregyhaza a largement contribué à la victoire en barrage face à la Russie de Rublev et Khachanov.

Enfant de la balle, Fucsovics a commencé à jouer au tennis à l’âge de 5 ans. Doué, il brûle les étapes et s’adjuge, en 2010, le tournoi junior de Wimbledon. Passé pro, il tarde à progresser avant ce fameux déclic face aux Russes. Depuis, l’élève d’Attila Savolt (joueur magyar emblématique) collectionne les bons points grâce à un jeu offensif et physique.

Finaliste à Canberra et huitième de finaliste à Melbourne (battu par Federer), il a commencé l’année sur les chapeaux de roues. Et il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Voilà les Belges prévenus.