Tennis

Seules certitudes concernant la finale de la Coupe Davis entre la Slovaquie et la Croatie: le pays vainqueur sera le 12e à inscrire son nom sur le trophée, le cinquième différent en cinq ans et le premier à ne pas avoir commencé le tournoi tête de série!

Toute autre question est encore sans réponse, même si on a compris, au sortir du tirage au sort désignant l'ordre des matches, que Goran Ivanisevic est là pour tenir un rôle de... spectateur. Nikki Pilic, le capitaine croate n'a en effet pas coché son nom sur la feuille de match de cette finale. L'ancien lauréat de Wimbledon, dont la dernière rencontre en Coupe Davis remonte à 2003, pourrait tout au plus disputer une rencontre en tant que remplaçant, par exemple si la victoire d'une ou l'autre des deux nations est scellée prématurément.

Hypothèse sur laquelle les Croates misent d'ailleurs beaucoup d'espoirs. Car, pour eux, Ljubicic peut reproduire face aux Slovaques ce qu'il a réussi en demi-finale sur le sol américain, à savoir remporter ses deux simples et participer activement au succès en double. «Je pense qu'il est parfait, pour nous, que Ljubicic joue en premier, a ainsi déclaré Nikki Pilic. Si la Croatie mène 1-0, la pression sur Hrbaty augmentera.»

Lequel se frottera aujourd'hui, en deuxième match, à Mario Ancic, un «géant » aux réactions imprévisibles qui, dans ce genre de duel, peut faire un très bon usage de sa force de frappe au service. Le duo Ljubicic-Ancic part donc favori de cette finale, même s'il évoluera dans un contexte hostile, le public slovaque ne souhaitant pas laisser passer cette chance unique de voir ses protégés gagner le célèbre Saladier.

Pour la Slovaquie, une victoire en Coupe Davis pourrait en effet se comparer avec le titre de champion du monde de hockey sur glace, sport national, remporté en 2002, mais surpasserait certainement le succès des femmes en Fed Cup.

Un état d'esprit conquérant?

Reste à savoir si la formation slovaque est habitée par un état d'esprit conquérant ou si ses pensées sont noircies par les rumeurs concernant Karol Beck. Absent des courts depuis plus d'un mois, officiellement pour raison de blessure, le numéro deux slovaque aurait été contrôlé positif à un produit interdit (marijuana?) pendant la demi-finale face à l'Argentine. Prié, hier, de dire s'il avait subi un contrôle positif, Beck a répondu: «Non!» «Je me concentre sur la rencontre. Je me sens bien. Je suis impatient de disputer ce match et j'espère que nous allons gagner», glissa-t-il sur un ton sans équivoque.

Pourquoi ne pas le croire? Après tout, la Fédération internationale a, jusqu'ici, refusé de commenter cette rumeur de dopage. Un silence qui ne fait pas le bonheur de Miloslav Mecir, le capitaine slovaque, condamné à préparer ses troupes dans une ambiance trouble. «Bien entendu, c'est très déplaisant de devoir répondre à des questions comme ça, a-t-il dit hier lors du tirage au sort des rencontres. Je ne connais pas la source de cette information. Ça apporte un élément inconfortable à l'équipe, à l'esprit de l'équipe, mais nous allons essayer de surmonter ça...»

© Les Sports 2005