Tennis Le Suisse a remporté son 20e titre en Grand Chelem en battant Cilic.

Arrivé devant la presse vers 1h du matin, Roger Federer était toujours dans l’euphorie de sa 20e victoire en Grand Chelem. Il a tenté de mettre des mots sur des émotions visiblement très fortes.

À quoi pensiez-vous quand le match a commencé à mal tourner dans le quatrième set et au début du cinquième ?

"Déjà, je pense que je me suis liquéfié dans le jeu décisif du deuxième set. J’étais vraiment très nerveux, comme d’ailleurs pendant toute la journée car attendre jusqu’au soir pour jouer une finale, c’est vraiment dur. Et dans le quatrième set, j’avais la tête qui partait dans tous les sens. Je ne cessais pas de me dire de ne pas tout foirer, et évidemment j’ai fini par le faire. J’ai eu un peu de chance dans ce premier jeu du cinquième set, et ensuite l’expérience m’a aidé."

Et le 20e, il a forcément une saveur spéciale…

"Oui, c’est très spécial. Toute la journée je me suis demandé ce que j’allais ressentir si je gagnais ou si je perdais. Il y a eu beaucoup d’émotions et de larmes après le match, c’est vrai… Je pense qu’avec cette demi-finale qui a tourné court, il me restait encore beaucoup d’émotions à l’intérieur et qu’il fallait que ça sorte. Et puis j’ai commencé à penser à mon discours, aux personnes que j’allais remercier et ça m’a beaucoup touché. Et puis, jouer devant un stade plein, c’est toujours aussi incroyable."

Qu’avez-vous pensé de la décision prise de jouer avec le toit fermé ?

"Je ne savais pas si ça allait être bien pour moi ou pas même si je sais tout le succès que j’ai eu en indoor dans ma carrière. Mais la chaleur ne me dérangeait pas, vraiment. Je me disais même que ça aurait pu ralentir Marin qui est un grand gabarit. Mais à la fin, ce n’était pas ma décision… Ils m’ont tenu au courant au fur et à mesure même si j’étais surpris qu’on mette en place le règlement canicule en soirée. Cela n’a rien changé à ma préparation, donc aucun souci.

36 ans, 20 titres du Grand Chelem : comment gardez-vous cette ambition intacte ?

"En ne jouant pas trop. J’aime l’entraînement, et les voyages ne me dérangent pas. J’ai une super équipe autour de moi qui rend tout ça possible. Et puis voir que mes parents sont incroyablement fiers et heureux que je joue encore. Cela me fait savourer les tournois et me fait mieux jouer aussi. Et pui,s il y a évidemment ma femme qui rend tout ça possible. Sans son soutien, j’aurais arrêté depuis des années. On en a parlé très honnêtement, je lui ai demandé si elle était d’accord et je suis très heureux qu’elle m’ait soutenu et qu’elle soit prête à supporter la plupart du boulot auprès des enfants. Et aussi parce que je ne veux pas passer plus de deux semaines sans les enfants. Cette vie ne fonctionnerait pas si elle avait dit non. Si j’en suis là, c’est que tout le puzzle est bien en place.

Combien de temps allez-vous encore évoluer à ce niveau ?

Aucune idée ! Honnêtement, je ne sais pas. Je viens de gagner trois titres du Grand Chelem en douze mois et j’ai du mal à y croire. Je dois continuer à respecter un bon programme, à garder la faim et peut-être que d’autres belles choses vont arriver. L’âge n’est pas un problème, ce n’est qu’un chiffre. Mais il va falloir être très prudent avec mon calendrier, bien cibler mes priorités car ça va décider de mon succès futur. Je suis ravi de la situation dans laquelle je me retrouve. Il y a de belles choses qui m’attendent."

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