Tennis Le désormais octuple champion des lieux n’en revient pas d’avoir autant de succès cette saison. Une interview réalisée par nos confrères de la DH.

Pouviez-vous un jour imaginer remporter huit titres ici ?

"Non, je ne pensais pas que j’aurais autant de succès dans ce tournoi, j’espérais juste pouvoir un jour en jouer la finale et peut-être gagner. J’en ai rêvé, je me le suis imaginé et j’ai beaucoup travaillé pour en faire une réalité."

Sur le court, vous avez dit que vous espériez être de retour l’an prochain : il y a un doute ?

"On ne sait jamais ce qu’il peut se passer (sourire) . Après ce que j’ai connu en 2016, je préfère ne pas me projeter plus d’une saison en avance en ce qui concerne mon programme. Je me vois revenir défendre mon titre l’an prochain mais c’est encore loin et il n’y a aucune garantie quand on a 35 ou 36 ans."

Est-ce plus spécial pour vous d’en gagner huit à Wimbledon que dans un autre tournoi du Grand Chelem ?

"Oui, c’est très spécial car Wimbledon est et restera mon tournoi préféré. Mes héros sont passés par là et c’est grâce à eux aussi que je suis devenu un meilleur joueur. Marquer l’histoire à Wimbledon veut dire beaucoup pour moi. C’est marrant, je n’y ai pas trop pensé pendant cette finale ni pendant la cérémonie de remise du trophée, sans doute parce que j’étais surtout heureux de gagner Wimbledon. La route a été longue, j’ai vécu des moments difficiles. Je vais savourer ces douze mois où je suis le tenant du titre de Wimbledon. C’est extraordinaire pour moi de faire partie de l’histoire de ce tournoi."

Allez-vous modifier votre programmation de fin de saison ?

"Je ne pense pas. J’avais prévu de jouer plus dans cette seconde partie de l’année, je n’avais pas imaginé faire de grandes impasses donc je pense que je vais m’y tenir. En revanche, maintenant, il faut qu’on décide si je joue au Canada ou pas, mais ensuite le plan c’est Cincinnati et l’US Open, la Laver Cup, Shanghai et la saison indoor ."

Quelles sont les qualités qui ont fait de vous un tel champion ?

"La régularité, déjà. Et puis, je suis un joueur de grands court et de grands événements : je n’ai jamais eu peur de ça. J’ai toujours eu l’impression de sortir mon meilleur tennis sur les grands courts. J’ai rêvé très grand quand j’étais gamin. J’ai cru que des choses étaient possibles quand peut-être d’autres n’y croyaient pas. Je me suis entraîné très dur et de façon intelligente et j’ai su bien m’entourer. En ce qui concerne le jeu, j’ai eu de la chance d’avoir beaucoup de talent, mais j’ai dû beaucoup travailler dessus car le talent, ça ne vous donne pas tout."

Êtes-vous surpris du succès de cette saison 2017 ?

"Oui, honnêtement je suis très surpris de son déroulement, de me sentir aussi bien, de ma gestion des moments difficiles sur le court et de mon niveau de jeu au quotidien. Je pensais pouvoir de nouveau briller un jour mais pas à ce point. Vous aussi vous auriez ri si je vous avais dit que j’allais gagner deux Majeurs cette saison. C’est incroyable. Je ne sais pas combien de temps ça va durer mais je dois me répéter que la santé passe d’abord car en faisant ça d’autres choses que je pensais impossibles vont peut-être se produire."