Federer: les secrets de sa longévité

Thibaut Vinel Publié le - Mis à jour le

Tennis Eclairage

Roger Federer n’avait pas besoin de ce nouveau titre pour entrer dans l’histoire. Néanmoins, ce septième sacre à Wimbledon affole un peu plus les statistiques. Il démontre au passage que les débauches d’énergie du tennis moderne n’entament pas sa résistance à l’effort.

S’il a régné sans partage sur le circuit mondial de 2004 à 2008, il a aussi ébloui ces dernières années. Bousculé par la jeune génération, il a réuni sur et en dehors des terrains certains facteurs qui expliquent sa longévité extraordinaire.

Mesurant 1,86 m pour 80 kilos, il propose un tennis qui malmène assez peu son corps contrairement à celui d’un Rafael Nadal. Son toucher d’orfèvre caresse la balle si doucement que ses articulations n’ont pas été soumises à rude épreuve.

Il a connu un âge d’or qui aurait pu devenir lassant si les Nadal, Djokovic, et autres Murray ne lui avaient pas proposé un challenge de taille. Après avoir passé 10 ans sur le circuit, il a été bousculé dans ses habitudes. Rafael Nadal est même venu lui piquer sous son nez les clefs de son jardin à Wimbledon en 2008 ! Il a puisé dans ces tentatives de putsch une très grande détermination. S’il a porté tout seul le circuit ATP durant 4 saisons, il a surtout été une source d’inspiration pour toute une génération.

De plus, si Federer présente un palmarès incroyable, il lui reste deux lignes à combler : une médaille en simple lors des Jeux olympiques et un titre en Coupe Davis. Il lui reste une chance, dans un mois, de toucher une breloque olympique tandis qu’il a compris qu’il ne soulèverait jamais le "Saladier d’Argent".

Puis, le Bâlois possède dans ses cordes tous les coups du tennis qu’il effectue sans devoir "surjouer". Il en a même inventé certains.

Il a aussi appris à gérer la pression. Colérique durant ses jeunes années, il a compris l’importance de rester de marbre durant ses parties. Ainsi, il n’offre pas à ses adversaires la moindre indication sur son état psychologique. Il refuse tout excès d’émotions.

Sous le feu des projecteurs depuis 10 ans, il n’a jamais défrayé la chronique dans les colonnes "people". Marié et père de jumelles, il présente l’image d’un parfait gentleman. Cette impression est renforcée lorsqu’il arpente les courts. Il s’est souvent érigé en "chevalier du fair-play". Il lui arrive d’aller lui-même voir l’arbitre pour corriger son verdict, lorsque celui-ci lui a accordé un point non-mérité.

Roger Federer s’est aussi prêté au jeu des dollars. Il a vite compris que son image plaisait aux annonceurs. Ainsi, il a géré en parallèle son juteux business. Sa publicité avec Thierry Henry et Tiger Woods a fait le tour du monde à plusieurs reprises.

Finalement, les livres d’histoire devraient d’abord se focaliser sur les qualités humaines d’un homme hors norme avant de décliner la longue litanie de ses exploits chiffrés. En effet, sans sa personnalité, il n’aurait jamais pu survivre à cette jungle qu’est l’ATP aussi longtemps.

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