Tennis

Entre lundi et mardi, Sébastien Hette a vécu sa plus longue nuit depuis qu’il travaille à la Fédération française de tennis. Directeur des opérations pour la finale, il dirige absolument tout au niveau de la logistique : communication, billetterie, tirage, transport, hébergement et bien sûr la transformation du stade de football Pierre-Mauroy en une Arena de tennis qui peut accueillir 27 000 personnes.

Avec une heure d’avance, il a démarré la construction lundi dès 21 h avec comme objectif impératif de l’avoir achevée mardi à 9 h lorsque l’équipe belge s’entraînera pour la première fois sur ce court. "Nous sommes full time depuis huit semaines, confie Sébastien Hette. Sur cette finale, nous avons mis 80 personnes de la FFT. Il y a 3 500 badgés, c’est-à-dire des personnes qui ont un rôle à jouer dans cette finale."

Dans la nuit de lundi à mardi, il a passé avec succès l’étape la plus cruciale des dernières semaines : la pose du terrain. "Le stress est là. Je suis un peu rassuré maintenant que je vois les premières plaques se mettre en place." Pour ajouter une dose de pression, il a établi un chronogramme, c’est-à-dire un listing minute par minute des différentes étapes. "Nous avons démarré avec une heure d’avance. Nous ne pouvions commencer le plancher plus tôt car il fallait d’abord assembler tout ce qui est aérien comme le chauffage et les lumières."

Une surface en résine d’Allemagne

En réalité, la transformation du stade de Lille a débuté dans la nuit de vendredi à samedi. "Nous avons d’abord nettoyé et vidé le stade. Samedi, nous avons entamé la translation de la pelouse." Cette opération, spectaculaire, dure une dizaine d’heures. Les vérins portent des tonnes de béton pour créer la fosse tennistique. "Mais, le plus délicat, c’est la mise en place du court. Il doit être parfait dès mardi 9 h pour le premier entraînement."

La FFT n’a évidemment rien laissé au hasard. Elle avait jeté son dévolu pour cette surface en résine venue d’Allemagne. "On parle de résine sur plancher. Le cours a été préparé en Allemagne. C’est là-bas que la résine a été assemblée et peinte. Ensuite, elle a été démontée en plaques."

Pendant que le patron de la logistique évoquait la composition de la surface, il ne pouvait s’empêcher de jeter un coup d’œil sur les premières plaques bleues. "Là, vous voyez le terrain définitif. Sur le béton, il y a d’abord une couche de mousse de 3-4 centimètres puis le plancher en résine. Chaque plaque s’assemble comme un puzzle. Le système de fixation est invisible. Personne ne verra les joints."

Pour favoriser un maximum le clan français, la FFT avait commandé trois terrains similaires en Allemagne. Les deux autres avaient été posés au centre d’entraînement de Marcq-en-Baroeul. Durant le camp préparatoire de Yannick Noah, Tsonga, Pouille et les autres ont déjà pu se familiariser avec ladite surface qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle utilisée à Vienne. "En finale du tournoi de Vienne, Pouille avait joué Tsonga. Ils adorent cette surface, mais nous l’avions déjà choisie avant de savoir qu’ils joueraient cette finale autrichienne."

Dimanche soir, Sébastien Hette reprendra les mêmes et démontera tout. Contractuellement, il devra faire tout disparaître avant mardi 20 h. Il ne restera alors que les beaux souvenirs d’une grande bataille qui aura laissé un goût spécial en fonction qu’on appartienne au camp des vainqueurs ou des perdants.



LA TRANSFORMATION EN IMAGES: