Tennis Les succès de Goffin et Bemelmans ouvrent la porte des quarts de finale contre a priori les USA.

Le scénario idéal est en route. Il ne manque plus qu’un point à la Belgique pour se qualifier pour les quarts de finale contre les USA qui ont de fortes chances de franchir ce premier tour. Ce quart aurait lieu aux States du 6 au 8 avril.

La Belgique a déjà plus qu’un pied en quart de finale de la Coupe Davis. David Goffin a logiquement réalisé le break du vendredi face à Attila Balazs 6-4, 6-4, 6-0.

Il confirmait donc l’excellent point pris par son coéquipier Ruben Bemelmans qui était opposé au huitième de finaliste à l’Australian Open, Marton Fucsovics.

"Ruben a livré un très bon match dans un contexte difficile, souligne David Goffin. Il avait la pression sur ses épaules. En plus, il affrontait un joueur en pleine confiance à la suite de l’Open d’Australie. Ruben a vraiment bien géré. Il a été solide quand il fallait, c’est-à-dire dans le tie-break du 3e set."

Devant des tribunes à moitié pleines, le Liégeois a fait la fête avec son public. En l’espace de 1h32, il a régalé l’assistance avec la puissance de son service, l’accélération de ses frappes tant en coup droit qu’en revers et la gestion totale de ses émotions.

"Jouer à Liège est évidemment spécial car la famille et les amis sont présents."

Avec 94 % de points pris sur sa première balle de service et 86 % sur sa seconde, le Liégeois, qui a sorti 11 aces, n’a jamais douté. Il n’a jamais non plus dû sauver une balle de break. Lors du 2e set, il a même remporté 100 % de ses premiers services.

"Ma première balle était souvent proche de la ligne. Mon service a été la clef de la rencontre. J’ai directement trouvé mes repères. J’ai servi beaucoup d’aces et de services gagnants."

Même si son adversaire n’était pas un foudre de guerre, le Liégeois est sorti du terrain avec plus de confiance.

"Je suis venu ici pour jouer à fond. Mes sensations sont bonnes depuis le début de la semaine. Mon service suit bien. La confiance est là. J’ai pris les devants et je ne l’ai jamais laissé revenir. Remporter un match de Coupe Davis est toujours bon."

Là aussi, ses stats impressionnent. Il n’a plus perdu en simple depuis la finale de Coupe Davis en 2015 contre Andy Murray. "Je ne le savais pas. J’enchaîne les victoires et j’en suis vraiment très content."

Il sera à la disposition de l’équipe samedi pour le double même s’il ne devrait pas jouer. En cas de victoire belge lors du double, la journée du dimanche ne servira à rien. Les supporters auront-ils la chance de voir leur chouchou à l’œuvre ? "Voyons d’abord ce qui se passe samedi", conclut-il avec le sourire.

Ruben Bemelmans : le grand déclic

Le Limbourgeois a ouvert le chemin de la qualification en dominant le n°1 hongrois

Il savourait le moment à sa juste valeur. Voilà longtemps que Ruben Bemelmans attendait une belle et grande victoire lors d’un simple de Coupe Davis. En s’imposant, hier, en quatre sets face à Marton Fucsovics (ATP 63), le Limbourgeois a, d’un coup, exorcisé tous ses démons. "J’étais un peu tendu au début du match, mais j’ai vite trouvé mes marques. Je savais que je devais être offensif face à un adversaire aussi solide du fond du court. J’avais visionné quelques-uns de ses matchs sur Youtube. J’ai donc essayé de jouer de façon agressive, en prenant la balle tôt, en montant régulièrement au filet…" confiait-il, tout sourire.

À l’évidence, c’était la bonne tactique. D’autant que le joueur belge n’a, cette fois, pas tremblé dans les moments importants. "Je suis resté calme et lucide. J’avais de bonnes sensations. Et ma première balle de service m’a bien aidé sur les points décisifs…"

Dans ce contexte , le tie-break de la troisième manche - à un set partout - fut évidemment très important. On redouta le pire lorsque, mené 6-2, le Hongrois revint à 6-5. Mais Ruben arracha le point décisif grâce à un coup droit bien frappé. Comme un vieux briscard ! C’était le tournant du match. Sur sa lancée, porté par le public du Country Hall et guidé par sa confiance, il scella sa victoire face à un adversaire dépité et diminué par une blessure au pied.

"Je n’étais pas au meilleur de ma forme, c’est vrai. Après l’Open d’Australie, j’ai dû m’arrêter durant six jours pour me soigner. Mais cela n’enlève rien aux mérites de Ruben. Il a très bien joué, il ne m’a pas laissé respirer. En général, je n’aime pas trop jouer contre des gauchers. Ce fut encore le cas aujourd’hui" expliquait le n°1 hongrois qui a récemment atteint les huitièmes de finale à Melbourne.

Âgé de 30 ans, Bemelmans est, depuis une dizaine d’années, un pion fidèle au sein de l’équipe belge de Coupe Davis. Mais jusqu’ici, les différents capitaines l’utilisaient surtout pour les rencontres de double. La blessure de Steve Darcis l’a, cette fois-ci, parachuté sur le devant de la scène. Et, en mission, Ruben a répondu présent. Sa dernière victoire importante remontait à 2013 face à l’Israélien Dudi Sela. C’est dire s’il avait toutes les raisons d’être heureux et de déjà donner rendez-vous ce samedi, pour le double !


Johan Van Herck: "Le score avec la manière"

1. Ce 2-0 vous place en position idéale…

"Nous espérions ce 2-0, mais je suis surtout content de la manière avec laquelle nous avons joué ces 2 matches. Ruben a sorti un match très solide. Ce succès est positif pour sa confiance. Il a beaucoup à retirer d’un tel match. Quant à David, nous savons qu’il était largement favori de son match. Comme mon premier match était intense au niveau de l’énergie, j’étais content que l’autre soit plus calme."

2. Qui composera la paire belge samedi ?

"Ce qui est clair c’est que nous ferons tout pour remporter dès samedi ce 3e point. J’alignerai ma paire la plus forte. Je n’ai pas encore discuté avec les gars. Du côté hongrois, je ne regarde pas trop. Il alignera certainement Fucsovics et Balasz car il n’a pas le choix. Moi aussi, je mettrai mes meilleurs."

3. La salle n’était pas pleine. Êtes-vous déçu ?

"Je suis satisfait. Bien sûr, on aimerait que les tribunes soient remplies. Les supporters ont été sportifs. Je suis content de l’assistance. "