Tennis

ENVOYE SPECIAL A PARIS

Sereine. C'est le mot qui convient sans aucun doute le mieux. Et c'est aussi celui que Justine Henin a choisi pour résumer ses sentiments. A la remarque étonnante : "Vous paraissez heureuses", elle sourit, et lâcha : "Je dirais plutôt sereine, parce qu'il le faut".

Sereine, la responsable de presse de l'Open Gaz de France à Paris l'était beaucoup moins. D'habitude, cette compétition n'attire que très peu de journalistes belges, pour ne pas dire aucun. Cette fois, ils étaient venus par dizaines. Il est vrai que la deuxième joueuse mondiale n'avait pas encore tenu de conférence de presse depuis sa séparation avec Pierre-Yves Hardenne, son mari. L'intérêt ne résidait évidemment pas dans les raisons de cette séparation, mais bien dans la manière dont Justine Henin l'assume. Ou du moins donne l'impression de l'assumer.

Et là, à vrai dire, la surprise fut grande tant la Rochefortoise nous est apparue non seulement sereine mais, aussi, très détendue. Deux heures avant la conférence, alors qu'on la croisait dans les couloirs du Stade de Coubertin, elle sourit largement avant de crier un très jovial : "Salut". Puis, très relaxe malgré les dix caméras, elle se montra calme, diserte et non dépourvue d'humour.

Entourage inchangé

Avant de procéder aux jeux des questions et réponses, elle prit cependant la parole, afin de fixer les règles.

"Je viens de vivre des semaines très difficiles. Aujourd'hui, je voudrais que l'on ne parle que de tennis. Je pense que, comme tout le monde, j'ai droit à mon jardin secret et je suis certaine que vous ne voudrez pas y entrer car il y a des choses que je veux garder pour moi, uniquement pour moi."

Sur sa vie privée, elle n'en dira pas beaucoup plus. Si ce n'est qu'elle continuera à vivre à Monaco et en Belgique.

"Rien ne change de ce côté-là. J'adore Monaco, j'y ai trouvé beaucoup d'avantages. Mais j'apprécie aussi de me retrouver dans mon pays. Donc, non, je ne modifie pas mes habitudes."

Idem pour son organisation.

"Là non plus, rien ne change. Je voyage toujours avec Carlos (Rodriguez) et mon entourage ne varie pas plus."

Le coach restant comme prévu le socle de ce team Henin.

"Cela fait onze ans que Carlos m'accompagne. Comme toujours, il s'est montré très présent pendant mes problèmes mais il y a toujours eu une frontière entre la vie privée et la vie professionnelle. Pas question que l'un d'entre nous franchisse la ligne même si, c'est évident, il est bien plus qu'un simple coach et que je me sens très proche de lui, de son épouse et de ses enfants. Mais rassurez-vous, il ne sera pas plus tendre avec moi aujourd'hui qu'il ne l'était hier."

Reprise

Et, depuis quinze jours, il s'occupe donc des entraînements de sa joueuse.

"Nous avons repris vers le quinze janvier, en plein Australian Open. Je ne savais pas comment je réagirais mais j'ai assez vite retrouvé de bonnes sensations. Aujourd'hui, malgré quelques petits problèmes physiques rencontrés il y a quelques jours, je me sens prête physiquement et mentalement. Reste évidemment à me tester en compétition car, après avoir traversé une épreuve, on éprouve parfois des difficultés au niveau de la concentration et de la rigueur."

Ce qui ne devrait cependant pas être le cas, Henin ayant toujours puisé dans les épreuves une nouvelle motivation.

"Dans la vie, il faut aller de l'avant. Nous connaissons tous des hauts et des bas. Mais je suis bien placée pour savoir qu'après la pluie, vient toujours le beau temps. Les épreuves de ma vie m'ont toujours permis de forger mon caractère, de devenir quelqu'un de meilleure. Je ne vois pas pourquoi il n'en irait pas de cette manière cette fois. Je serai encore la même Justine Henin. Avec ses doutes et ses craintes. Mais, toujours, aussi, avec cet amour énorme de la compétition."