Tennis

Acteur de la victoire belge en demi-finale de Coupe Davis, Johan Van Herck a achevé son week-end de folie lundi à 3 h 45. Après l’effort, le réconfort. Le team Belgium avait privatisé une salle non loin du Palais 12. "Il est important de profiter du moment présent. Après une victoire ou une défaite, on se retrouve toujours le dimanche soir. Pour battre l’Australie, nous avons tellement bossé que nous avions besoin de décompresser. Le public ne se rend pas compte de cette semaine sous haute tension. Nous avons quitté le Palais 12 à 23 h 30. Pour moi, la soirée s’est finie à 3 h 45."

L’équipe a passé ce qu’il restait de nuit à l’hôtel avant que chacun ne reprenne la direction de sa carrière. Steve Darcis s’envolera pour l’Asie mercredi. David Goffin jouera à Metz jeudi. Joris De Loore a subi avec succès une opération au genou. Sa période d’indisponibilité n’est pas encore connue.

"Une solide opposition"

A la tête de l’équipe belge depuis 6 ans et 15 affrontements, Johan Van Herck pensait avoir tout connu des défaites les plus cruelles aux plus belles victoires. Le succès contre l’Australie a pris une saveur particulière. "Lleyton Hewitt avait reconnu qu’il était fier de ses gars. Il a toujours été fair-play. Il était venu avec un gros staff et beaucoup de joueurs car les Australiens voulaient absolument remporter le Saladier d’Argent. Ils ont été très forts. Cette opposition a donné plus de relief à notre victoire."

"Des blessés et des questions"

Au rayon infirmerie, le travail n’a pas manqué. Entre les blessures au genou de Joris De Loore et de David Goffin, les médecins ont trimé pour que les Belges entrent dans les meilleures conditions sur le terrain.

"L’incertitude était épuisante. Il y avait d’abord David Goffin. J’ai beaucoup réfléchi à toutes les options. Il n’a pas frôlé le forfait. On a bossé tous les jours. Nous n’avons jamais douté. Mercredi soir, j’avais reçu des signaux positifs. Jeudi, David a confirmé. Le forfait de Joris De Loore était plus compliqué car il a chamboulé tout notre programme. J’avais prévu trois jours d’entraînement spécifique. Avec Arthur, nous avons bossé différemment. Sur un plan physique, nous n’avons eu aucune difficulté avec Steve Darcis, Ruben Bemelmans et Arthur De Greef."

"Pas de renfort pour la finale"

On se souvient que Johan Van Herck avait demandé à Michaël Llodra de venir renforcer son staff avant la finale contre la Grande-Bretagne en 2015. Un tel transfert n’était plus possible cette année pour le Français. Néanmoins, d’autres pistes pourraient être explorées. "Non, du tout", coupe Johan Van Herck. "Je n’ai aucune piste pour renforcer le staff. Je dois y réfléchir encore, mais il y a peu de chances que j’appelle une personne en plus."

"Ce n’était pas de la chance"

Lors de la conférence de presse de dimanche soir, Johan Van Herck avait glissé un petit mot qui résonnait comme une revanche personnelle. Il n’avait pas manqué de faire taire ceux qui avaient crié à la chance lors de la campagne 2015 où les Belges avaient achevé leur parcours à Gand en finale contre la Grande-Bretagne d’Andy Murray. "J’estime que nous n’avions pas reçu le respect que nous méritions en 2015. Même si les noyaux de nos adversaires n’étaient pas au complet, il fallait quand même les gagner ces matchs. Cette année, nous avons affronté des nations très fortes qui avaient de hautes ambitions. Les deux campagnes ont été importantes. En 2015, nous découvrions ces matchs de fin de saison. En 2017, nous confirmons notre rang. Dans les deux cas, nous n’avons pas ménagé nos efforts."

Il ne lui reste plus qu’à sortir quelques coups magiques de son chapeau en finale. "Je me fous du lieu de la rencontre, du nom des Français sélectionnés et du choix de la surface."