Tennis Il a remporté dix titres à Monte-Carlo et à Barcelone. Et il veut faire aussi bien à Paris.

À l’instar de Roger Federer, Rafael Nadal retrouve une deuxième jeunesse. Battu lors des finales de Melbourne, d’Acapulco et de Miami, l’Espagnol vient de s’adjuger, pour la dixième fois, les tournois de Monte-Carlo et de Barcelone. Et il rêve, dans la foulée, de s’offrir une autre Decima lors du prochain Roland-Garros.

Rafa a retrouvé cette confiance en lui qui lui faisait tant défaut ces deux dernières années. Il n’a peut-être plus ses jambes de vingt ans mais, bien dans sa tête, il reste un redoutable guerrier. Et la terre battue lui donne à nouveau des ailes. "Je me sens à l’aise sur le court. Je lâche davantage mes coups, notamment mon coup droit. Je suis plus agressif dans l’échange. Tout cela participe à un état d’esprit conquérant", confie-t-il, enfin rassuré par sa forme physique.

Prudent, il se garde pourtant de tirer des plans sur la comète concernant le rendez-vous parisien. "C’est encore loin. Et un tournoi du Grand Chelem est toujours particulier. Mais, dans l’absolu, je sais que je peux gagner…"

Pour l’heure, le Majorquin n’occupe que la cinquième place de la hiérarchie mondiale, ce qui pourrait, le cas échéant, l’obliger à retrouver Novak Djokovic dès les quarts de finale à Roland-Garros. Mais rien ne dit que Federer (actuellement 4e) sera présent Porte d’Auteuil. Et si, d’ici là, Nadal s’impose à Madrid ou à Rome, il entrera d’office dans le Top 4. "Mais, pour moi, l’important est d’être au meilleur de ma forme physique et mentale. Le tableau n’est pas ma priorité. Pour gagner à Roland, je devrai de toute façon battre les meilleurs…"

À trente ans, fort de ses quatorze sacres en Grand Chelem et de ses vingt-six Masters Series, Rafa est devenu plus philosophe qu’à ses débuts. "Voilà quatorze ans que je suis sur le circuit. C’est un bail. Sincèrement, je suis déjà très heureux de tout ce que j’ai réussi. Mon palmarès est là. En me lançant dans la carrière, je n’imaginais pas en arriver là. L’avenir, ce sera du bonus. Avant, j’étais obsédé par la victoire. Je voulais gagner, gagner et encore gagner. Une défaite en finale était, pour moi, un terrible échec. Aujourd’hui, j’essaye toujours de donner le meilleur et d’être compétitif au plus haut niveau. Je veux toujours ramener le trophée à la maison. Mais je savoure davantage. J’ai pris du recul…" confiait-il la semaine dernière dans le quotidien madrilène ABC.

Il ne se dit pas étonné par le nouvel équilibre du tennis mondial et l’émergence d’une nouvelle génération aux dents longues. "Durant de longues années, on retrouvait quasiment toujours les quatre mêmes - Federer, Djokovic, Murray et moi - dans le dernier carré des grands tournois. Cela ne pouvait pas éternellement durer. Personne n’est invincible. Les jeunes ont beaucoup de talent…"

Ceci dit, il se réjouit, néanmoins, de ses retrouvailles au plus haut niveau avec son vieux pote Federer. "La finale de l’Open d’Australie restera un souvenir magique. J’ai perdu. Mais ce fut un super match. Et je n’ai pas dit mon dernier mot…"

Ses concurrents :

Andy Murray en baisse

Le n°1 mondial actuel a signé un début de saison mi-figue mi-raisin avec un seul titre au compteur (à Dubaï). Et la terre battue n’est pas sa surface préférée. Il y a encore prouvé ses limites lors des récents tournois de Monte-Carlo (défaite face à Ramos) et de Barcelone (défaite face à Thiem). Mais attention au réveil de l’animal blessé ! L’an passé, porté par son orgueil et sa rage de vaincre, l’Écossais s’était hissé en finale de Roland-Garros après avoir sorti Gasquet et Wawrinka. Il n’est jamais aussi redoutable que lorsqu’on le donne battu d’avance.

Novak Djokovic pas mieux que Murray

Nul ne maîtrise l’état de forme actuel du champion serbe qui collectionne les performances décevantes depuis le début d’année (plus rien depuis son titre à Doha début janvier). En 2016, Nole avait enfin vaincu le signe indien en remportant son premier Roland-Garros. Depuis, il n’a plus gagné le moindre titre en Grand Chelem. À Paris, il se devra donc de réagir sous peine d’entrer dans une dynamique réellement négative. Battu par David Goffin à Monte-Carlo, il sait qu’il est encore loin de son meilleur niveau. Mais il se dit néanmoins optimiste. Info ou intox ?

Roger Federer est de retour au sommet

Le Suisse, 35 ans, entretient toujours le mystère autour de sa participation à Roland-Garros. Jusqu’ici, il a volontairement fait l’impasse sur toute la saison sur terre battue. Il serait donc logique qu’il ne participe pas au tournoi parisien et se concentre sur le prochain Wimbledon. Mais Federer garde sa réponse en suspens. Après tout, il n’aurait rien à perdre - et tout à gagner ! - en se laissant guider par son talent du côté de la Porte d’Auteuil. Depuis le début de l’année, porté par une forme d’état de grâce, il joue sur un petit nuage. Et s’il en profitait pour toucher réellement le ciel ?