Le classement nouveau est arrivé

PAR LAURENT GÉRARD Publié le - Mis à jour le

Tennis

ANALYSE

Quelques semaines après le Beaujolais nouveau, c'est une tradition, ce sont les nouveaux classements de tennis qui débarquent. Non pas les classements internationaux des meilleurs joueurs et joueuses du circuit, mais bien ceux de chez nous, de notre club de village ou de quartier. Avec à la clé, chaque année, les mêmes réactions: déception, joie ou indifférence, réelle ou feinte (en cas de descente).

Si vous ne connaissez pas encore le vôtre, précipitez-vous sur le site Internet de l'AFT (voir ci-dessous). A la lecture des statistiques de l'année 2002 - inédites mais pas encore définitives - et en comparant l'évolution à travers les ans du nombre de joueurs classés, on relèvera l'un ou l'autre point intéressant.

1. Différences entre AFT et VTV. Il est étonnant de constater que le nombre de joueurs classés - c'est-à-dire au-dessus de non classé - est plus élevé du côté de l'aile francophone de la Fédération, alors que la VTV (Vlaamse Tennis Vereniging) comporte plus de membres (114 982 en 2000) que l'AFT (Association francophone de tennis - 67 488). En Flandre, le tennis serait, en général, plus perçu comme une activité de loisir que comme un sport de compétition.

2. Déséquilibre interrégional. On ne le voit pas sur ces infographies, mais il existe de grosses différences au sein-même de l'AFT. `Dans les régions de Liège et Namur/Luxembourg, explique Franz Lemaire, secrétaire général de l'AFT, on joue beaucoup plus en compétition qu'en Brabant-AFT, par exemple. Chaque club organise plusieurs tournois annuels et les poules d'interclubs comportent plus d'équipes. Résultat des courses: ces joueurs, qui ont plus souvent l'occasion de jouer en compétition, montent alors plus vite de classement mais sont battus à plate couture lors des interclubs interrégions en fin de saison. Il y a parfois deux classes de différence entre des joueurs du même classement. C'est un problème que nous reconnaissons mais que nous ne savons pas comment résoudre.´

3. Structure pyramidale. Le principe qui veut que plus on monte dans les classements, moins il y a de joueurs de ce niveau, n'est pas toujours respecté. Explication de Franz Lemaire: `Depuis la dépénalisation de la défaite il y a quelques années- NdlR: une défaite coûte moins de points qu'avant -, il est très `facile´ de monter B-15 mais très difficile de poursuivre son ascension au-delà de ce seuil. Il y a dès lors un embouteillage à ce niveau.´

Autre conséquence de cette réforme, dont l'objectif était d'inciter les gens à jouer plus de matches sans crainte de perdre beaucoup de points en cas de défaite, des différences de niveau entre joueurs du même classement, au sein de la même région.

`Par rapport à avant, il y a deux ou trois classements de trop, poursuit la cheville ouvrière de l'AFT. Ce n'est pas grave si les joueurs ont le même niveau mais, par exemple, les anciens C 15 qui jouent peu sont bien souvent beaucoup plus forts que les nouveaux C 15, qui jouent beaucoup.´

4. Evolution historique. Assez logiquement dans un sport de plus en plus populaire, on constate une augmentation générale du nombre de joueurs classés, que ce soit du côté francophone ou néerlandophone, chez les messieurs comme chez les dames.

A noter particulièrement, le `boum´ chez les joueurs de première et deuxième séries (de A à B+4/6), entre 1993 et 2000. Celui-ci s'explique largement par la réforme des classements dont il est question ci-dessus, qui a permis à beaucoup de `monter´ plus facilement.

© La Libre Belgique 2001

PAR LAURENT GÉRARD

Facebook

Ailleurs sur le web

Les + consultés de la semaine

cover-ci

Cover-PM