Les limites de Kim

Serge Fayat Publié le - Mis à jour le

Tennis

Kim Clijsters (WTA 47) a donc quitté Wimbledon à la suite d’une défaite cuisante contre l’Allemande Angelique Kerber (WTA 8) au stade des huitièmes de finale. C’est un peu plus tôt que ce qu’elle n’aurait secrètement souhaité, mais c’est malheureusement quelque part conforme à une certaine logique.

Il faut en effet se rendre à l’évidence. A 29 ans et après plus de dix années passées à arpenter le circuit, la championne Limbourgeoise est tout simplement usée. La tête veut peut-être encore, mais le corps ne peut plus suivre, comme en témoignent les innombrables blessures qu’elle a collectionnées ces douze derniers mois.

"Kim réalise bien qu’elle n’est plus la même joueuse qu’elle concevait encore être il y a un an. Mais elle essaie de gérer cette situation le mieux possible", a expliqué son coach Carl Maes, bien placé pour évoquer la situation. Le Limbourgeois a d’ailleurs confié par sms, mardi, que sa protégée avait finalement joué avec "une déchirure de 1,2 cm aux abdominaux", qu’elle a dû s’occasionner dans son premier match contre Jelena Jankovic. "Elle est une dure à cuire", ajouta-t-il.

Pas que cela change grand-chose en fin de compte. D’abord parce que la blessure est restée stable depuis, malgré les trois matches suivants qu’elle disputa contre la Tchèque Andrea Hlavackova, la Russe Vera Zvonareva et Angelique Kerber. Et puis car Kim Clijsters elle-même refusa de l’évoquer après avoir été balayée par l’Allemande, lundi.

"Même si j’avais été à 100 %, cela n’aurait fait aucune différence. Je ne pense pas que j’aurais pu gagner. Elle était meilleure à tous niveaux. C’est une belle athlète. Si j’avais perdu 7-6 au troisième set, en ayant eu des balles de match, cela aurait été beaucoup plus douloureux", expliqua-t-elle. "En soi, je ne peux rien me reprocher. Je ne suis donc pas inquiète pour les Jeux olympiques."

Depuis son triomphe à l’Australian Open 2011, qui l’avait ramenée sur le trône de reine du circuit, la Limbourgeoise n’a plus été que l’ombre de la joueuse virevoltante capable de prendre ses adversaires dans un tourbillon par de percutants coups droits et d’héroïques défenses. Elle est même tombée de Charybde en Scylla depuis le début de sa dernière saison, se blessant à chacun des quatre premiers tournois qu’elle disputa.

Kim Clijsters ne doit toutefois pas être inquiète pour sa participation aux Jeux olympiques. Si elle a pu jouer Wimbledon trois jours après s’être blessée à Rosmalen, il n’y a pas de raison qu’elle ne puisse pas participer au tournoi olympique, qui ne commence que dans trois bonnes semaines.

En revanche, dans la situation actuelle, on voit mal comment elle pourrait y briller et décrocher une médaille. Avec son expérience et son talent, la joueuse de Bree peut encore rivaliser jusqu’à un certain stade, mais plus au-delà. D’autres, plus jeunes et plus fit, sont meilleures. C’est la loi du sport

"Je suis trop vieille pour ce jeu que je veux pratiquer physiquement", avait-elle d’ailleurs confié à la veille de son dernier Wimbledon.

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