Tennis

L’Ecossais a trouvé sa voie en 2016 en prenant du recul sur sa carrière : voilà comment il a réussi à mieux tenir ses nerfs. "Je ne sens aucune différence, non…" Voilà la réponse qui sort de la bouche de l’Ecossais depuis qu’il a pris place sur le trône du circuit ATP. On le presse de partager ses sentiments mais rien ne sort : ce n’est pas qu’il ne veut pas, c’est que l’effet n’a pas été aussi grand qu’on aurait pensé.

Si on cherchait de l’émotion et les grandes tirades, on peut donc oublier. La bataille pour garder ce dossard lui passe aussi au-dessus.

"Ce serait bien évidemment, mais franchement depuis que je suis devenu n°1 mondial à Paris je n’y pense pas trop, voire pas du tout. J’en ai parlé le jour même au téléphone avec Ivan Lendl, et puis on a dû en reparler une fois ici avec toute l’équipe, mais c’est tout."

Il hausse les sourcils et vous regarde avec l’air le plus sincère du monde, même un peu surpris des questions. Imprévisible Muzz. Nul doute cependant que le fait de jouer à domicile devrait faire monter la tension et donc les émotions au fil des matches. S’il est d’ailleurs toujours aussi énervé et irritable pendant ses matches, il reste très détaché en dehors cette année.

Un changement qu’il explique par l’arrivée de sa fille Sophia cet hiver. "Désormais il y a quelque chose de plus important que tout ça. Quand je rentre à la maison, je suis en famille, dans la vie normale. Cela m’a aidé à mieux gérer les victoires et les défaites que dans le passé. Je n’ai plus autant de hauts et de bas : je ne saute pas au plafond quand je gagne et ne suis pas désespéré quand je perds. Je me sens plus équilibré."

Djokovic, un vrai ami

S’il vit cette prise de pouvoir si discrètement, c’est sans doute aussi dû à sa relation avec Novak Djokovic et au fait qu’il reste très loin du Serbe dans leurs duels et dans le palmarès. Sans oublier que le Djoker a lui remporté entre autres deux Majeurs cette saison. Pas évident que Muzz se sente si patron que ça. Il n’y a en plus aucune animosité ou jeu d’ego entre deux joueurs nés à une semaine d’écart et qui se connaissent depuis qu’ils ont dix ou onze ans.

On l’apprécie ou on le regrette mais cette lutte sera fraternelle. "Cela n’a pas été étrange de croiser Novak ici après être devenu n°1. On se connaît depuis si longtemps… Et puis on a l’habitude de se féliciter régulièrement depuis des années. On ne discute pas trop de tennis."