Tennis

MOSCOU Lindsay Davenport (WTA 2) retrouvera, ce lundi, la première place du classement mondial pour la première fois depuis le 13 janvier 2002, mais c'est clairement la Russie qui est, aujourd'hui, devenue la plus grande puissance au sein du tennis féminin. Non contente d'avoir réalisé un petit Chelem cette saison avec les sacres d'Anastasia Myskina sur la terre battue de Roland-Garros, de Maria Sharapova sur le gazon de Wimbledon et de Svetlana Kuznetsova sur le ciment de Flushing Meadow, elle a continué sa razzia, cette semaine, à la Coupe du Kremlin. Tenante du trophée, Anastasia Myskina (WTA 4) y a twisté à nouveau en dominant 7-5, 6-0 sa compatriote Elena Dementieva (WTA 6) dans la première finale 100% russe de l'histoire de l'épreuve.

«J'ai eu beaucoup de mal à dominer mes nerfs en début de partie, mais ensuite, j'ai réussi à me calmer et à jouer à peu près convenablement», a déclaré la lauréate, victorieuse de son troisième tournoi de la saison, après ceux de Doha et de Roland-Garros, et du neuvième de sa carrière. C'est vraiment génial de s'imposer dans sa ville natale. J'étais très motivée à l'idée de prouver à tous mes supporters que je méritais mon classement, ajouta la Moscovite, qui est persuadée que cette victoire l'aidera à effacer le souvenir de sa défaite en demi-finales du tournoi olympique contre Justine Henin-Hardenne. Je ne l'oublierai sans doute jamais, mais ce succès et le temps permettront de panser mes plaies.»

Anastasia Myskina a obtenu sa sixième victoire en dix confrontations contre Elena Dementieva et confirmé sa suprématie sur une adversaire qu'elle avait battue en finale à Roland-Garros, pour remporter son premier tournoi du Grand Chelem.

Emaillé de nombreuses fautes directes, le premier set de la partie ne fut pas d'une grande qualité, les deux joueuses, assez fébriles, concédant plusieurs fois leur service, mais il se révéla bien capital pour l'issue de la rencontre, puisqu'après l'avoir laissé échapper, la blonde perdit complètement les pédales pour concéder le deuxième sans plus parvenir à prendre le moindre jeu.

«Je suis prête à consulter

un psychologue s'il le faut»

«Le gain du premier set était très important, reconnut Elena Dementieva. J'ai pris des risques pour tenter de lui mettre la pression, mais je n'y suis pas parvenue. Au deuxième set, elle a mis en place son jeu et je n'ai pas pu résister. Je suis prête à tout pour tenter d'améliorer mes points faibles, comme ma nervosité et mon service. Je suis prête à consulter un psychologue s'il le faut et si cela peut m'aider à la battre.»

Il s'agit déjà du quatorzième tournoi de l'année remporté par une joueuse russe.

La fête, d'ailleurs, aura été complète, puisque dans le tournoi masculin, c'est une autre Russe, Nikolay Davydenko (ATP 43) qui a triomphé après avoir sauvé trois balles de match. Le natif de Severodonezk, en Ukraine, qui acquit la nationalité russe à 18 ans, s'est imposé 3-6, 6-3, 7-5 contre Greg Rusedski (ATP 81), lequel s'est payé les services de l'hypnotiseur britannique Paul McKenna pour l'aider dans sa préparation mentale. Il s'agit du quatrième titre de sa carrière et du deuxième de sa saison après celui de Munich début mai.

«Je n'ai jamais rêvé de gagner une levée du Grand Chelem ou la Coupe Davis. Mon plus grand rêve était de m'imposer un jour à la Coupe du Kremlin et voilà qu'il vient de se réaliser. Il s'agit de la plus belle victoire de ma carrière!», expliqua-t-il, heureux comme un gosse.

Non, sans blague?

© Les Sports 2004