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David Goffin, pas plus que tous les adversaires de Rafael Nadal cette saison sur terre battue, n’est parvenu à terrasser le n°1 mondial, samedi en demi-finale du tournoi ATP 500 de Barcelone. Le Liégeois, 10e mondial, s’est incliné en deux manches 6-4 et 6-0 au terme de la 400e victoire de l’Espagnol sur terre battue. Nadal ne compte que 35 défaites sur cette surface, soit une moyenne de 91,9 % de victoires sur ocre.

Le Majorquin, qui visera ce dimanche un 77e titre ATP à l’occasion de sa 113e finale où il sera opposé au jeune Grec de 19 ans Stefanos Tsitsipas, a fait l’éloge de David Goffin après sa demi-finale victorieuse : “David est l’un des meilleurs joueurs du monde sur cette surface. Il maîtrise tous les coups, il sert très bien et il anticipe remarquablement le jeu. Dans le premier set, il m’a réellement poussé dans mes retranchements. Heureusement, j’ai toujours su garder une bonne intensité, ce qui m’a permis de faire la différence.”

David Goffin s’est bien battu mais a été dominé (6-4, 6-0) par le maître de la terre.

Il n’a rien pu faire. Il s’est battu comme un beau diable durant tout le premier set, où il a même breaké d’entrée son adversaire. Mais, à l’arrivée, David Goffin n’a pu que constater les dégâts. 6-4, 6-0, le tout emballé et pesé en 1h22 : Rafael Nadal a, comme de coutume, été impitoyable lors de cette demi-finale du tournoi de Barcelone.

Dans l’absolu, David n’a pas grand-chose à se reprocher. Il a relevé le défi jusqu’à 4-4, jouant les lignes et saisissant sa chance. Mais, à un moment, la corde a lâché. On n’imagine pas la débauche d’énergie nécessaire pour résister à Nadal sur terre battue. Chaque échange est une véritable aventure qui rend le souffle de plus en plus court et qui use les mollets comme dans un marathon. Et, logiquement, Goffin a fini par céder. À 4-5, il signa un mauvais jeu de service. Rafa était évidemment à l’affût pour sceller le gain du premier set.

La messe était dite et le match plié. Fatigué par ses trois rencontres en trois sets disputées dans le tournoi, le Liégeois n’avait plus les jambes pour faire douter le n°1 mondial. Bien sûr, il aurait aimé s’offrir une nouvelle remontada, comme face à Granollers, Khachanov ou Bautista-Agut. Mais il était cuit. Et, en face, l’adversaire était forcément d’une autre dimension.

Nadal n’est pas du genre à traîner en route s’il peut assurer une victoire. Surtout lorsque le Real Madrid joue dans la foulée et qu’il souhaite ne pas rater le début du match à la télévision.

Dans le deuxième set, liquidé en moins d’une demi-heure, les jeux défilèrent donc comme des soldats un jour de fête nationale. De toute façon, dans sa tête, David avait, depuis longtemps, hissé le pavillon blanc en signe de reddition. Il n’était qu’un simple terrien face à un extraterrestre.

Le Liégeois n’a pas grand-chose à se reprocher. Au contraire. Ce tournoi de Barcelone lui a permis d’accumuler du temps de jeu et de retrouver confiance après un début d’année très compliqué, marqué par ce fameux problème oculaire. Objectivement, il ne pouvait pas prétendre dominer Nadal sur ses terres. Mais il a rassuré.

C’est de bon augure pour la suite de sa saison sur terre battue. Pour lui, l’objectif prioritaire est d’arriver au meilleur de sa forme, dans un mois, à Roland Garros. Il est sur de bons rails.

Dans un mois, Roland Garros… Un bon coup à jouer à Paris

Quand on voit l’état des forces en présence, on se dit que David Goffin aura, bel et bien, un rôle important à jouer à Roland Garros. Certes, il n’est pas question - pour le moment - d’envisager de renverser le roi Nadal dans son jardin de la Porte d’Auteuil. On a vu la différence existant entre les deux champions. Mais, pour le reste, rien ne semble impossible tant l’anarchie semble être devenue la règle au sein de la nouvelle hiérarchie du circuit masculin. On pensait Djokovic sur la bonne voie d’une renaissance : visiblement, le Serbe est encore loin de son meilleur niveau. On a décelé, à Barcelone, les limites de Dimitrov et de Thiem. Et on sait, depuis Monte-Carlo, que Zverev et Cilic sont très vulnérables sur cette surface. Compte tenu des absences de Federer et de Murray, Goffin fait donc plus que jamais partie des outsiders pour le rendez-vous parisien. Au même titre, par exemple, que Del Potro, Monfils ou cet étonnant Tsitsipas qui va tenter d’empêcher, ce dimanche après-midi, Rafael Nadal de s’adjuger son onzième sacre à Barcelone.