Tennis

Olivier Rochus (ATP 100) n'avait encore jamais gagné un match à l'US Open en quatre participations. Jeudi, en fin d'après-midi, il a remporté son deuxième d'affilée pour se hisser au troisième tour. Sur le court n°10, sous un soleil de plomb, le petit Auvelaisien a battu en cinq sets l'Italien Potito Starace (ATP 93), révélation de Roland-Garros, 6-1, 4-6, 4-6, 6-0 et 6-3 après 2h26 de jeu.

«Je suis claqué, confia-t-il. Heureusement que j'ai réussi à finir à 5-3, car je commençais à avoir des crampes. A la fin du 3e set, je me suis dit que cela allait être très dur, car il jouait très bien, mais je n'ai pas abdiqué. Je savais qu'il était toujours capable de péter les plombs et lorsque je lui ai pris d'emblée son service au début du 4e set, j'ai senti que le vent était en train de tourner. Cela fait un bien fou, car je n'ai pas remporté beaucoup de matches en cinq sets dans ma carrière. Je ne suis pas près d'oublier celui-ci...»

Grand par la ténacité

Vainqueur de Mario Ancic (ATP 29), lundi au premier tour, Olivier Rochus aura vraiment dû aller chercher cette victoire contre un adversaire qui l'avait battu récemment en demi-finale du tournoi Challenger de Saint-Marin. Petit par la taille, cela dit, le puîné de la famille est grand par la ténacité. Dans les cordes après la perte du troisième set, il a sorti ses griffes, faisant preuve de plus de régularité au service et d'agressivité en retour, pour renverser le cours d'une partie qui paraissait lui échapper. La deuxième balle de match, qu'il conclut d'un subtil lob après un échange interminable, en fut l'exemple le plus criant.

«Je suis vraiment content pour lui, expliqua, pour sa part, son coach, Julien Hoferlin. Il n'a pas connu beaucoup de réussite cette saison pour diverses raisons et c'est bien que la roue tourne quelque peu. J'étais très déçu pour lui après sa défaite à Saint-Marin, mais à choisir, je préfère qu'il ait gagné ici. Olivier est un garçon qui bosse pour arriver. Et puis, il ne faut pas oublier qu'il n'est pas avantagé par son gabarit. S'il était judoka, il serait dans les trois meilleurs mondiaux. Cette victoire va lui permettre de retrouver un classement plus en rapport avec son potentiel. Il aura un 7 devant son nom...»

Samedi, au 3e tour, Olivier Rochus rencontrera le gagnant du match qui opposait Carlos Moya (ATP 4) à l'Américain Amer Delic (ATP 245), titulaire d'une wild card. La rencontre se disputant en night session, il y aura peut-être jeté un coup d'oeil, même s'il s'attendait à devoir retrouver l'Espagnol, contre lequel il s'inclina 6-0, 7-6 (7/3) au deuxième tour du tournoi olympique, à Athènes.

«Ce serait très difficile, même si je n'ai pas été ridicule dans le 2e set, déclara-t-il. Si je veux avoir une chance, je vais devoir bien retourner et je ne pourrai pas lui donner de balles à hauteur d'épaule. De toute manière, je n'aurai rien à perdre...»

© Les Sports 2004