Tennis

Il y a un an, David Goffin se rendait à Shenzhen en espérant briser une série négative. 

Le Liégeois restait sur des mois très sombres. Depuis sa glissade sur la bâche de Roland Garros sur le court Suzanne Lenglen, une forme de poisse l'accompagnait à chaque sortie. De mai à fin septembre, il n'a jamais retrouvé son niveau de début de saison qui l'avait envoyé en finale à Sofia et à Rotterdam. Avant Roland, il tournait sur une moyenne de 71 % de succès. Sa blessure à la cheville a tout déréglé. Quand il est revenu deux mois plus tard, il n'était plus qu'un automate qui a raté ses sorties à Umag, Gstaad, à l'Open du Canada, à Cincinnati, à l'US Open et à Metz. En 6 tournois, il est retombé à une moyenne de victoires de 53 %. C'est donc rempli de doutes que David Goffin avait pris son avion pour la Chine. Il pouvait, tout au plus, se consoler avec la victoire de la Belgique en demi-finale de Coupe Davis.

En plus, il traînait des douleurs lancinantes au genou. Le moral n'était pas au beau fixe. Pourtant, il l'ignorait encore, mais Shenzhen allait tout changer. Sur ce modeste ATP 250, il a remis son jeu à l'endroit pour écarter d'abord Evgeny Donskoy qui reste surtout connu pour avoir battu un jour, sans savoir comment, Roger Federer. Il a enchaîné avec des succès face à Donald Young et Henri Laaksonen avant de battre en finale le 53e joueur mondial, Alexandr Dolgopolov. En un match, il venait de mettre fin à 3 ans sans titre. Il attribuait son succès à son attitude et à son expérience.

Il a enchaîné avec le titre à l'ATP 500 de Tokyo qui reste son trophée le plus prestigieux à ce jour. Au Japon, il a battu Lopez, Ebden, Gasquet, Schwartzman et Mannarino, que de gros clients ! En deux semaines, il prenait donc 750 points et 9 victoires. A Tokyo, il remportait un 4e titre, célébrait son retour dans le Top 10 et une qualification virtuelle pour le Masters.

Un an plus tard, il débarque à Shenzhen avec le sentiment que son jeu est bien en place. Sa saison 2018, comme celle de 2017, a été fractionnée. Il y eut d'abord la partie positive jusqu'à Rotterdam. Sur terre battue, il a touché le chaud et le froid sans coup d'éclat. Son été a ensuite été maussade à l'exception de son résultat-référence à Cincinnati. Cette demi-finale l'a lancé dans une spirale positive malgré son abandon. Il a ensuite réussi son US Open, mais il est tombé sur un grand Cilic un peu trop tôt. Ajoutez qu'il a ramassé une dose de plaisir à la Laver Cup. Il arrive donc à Shenzhen dans un état d'esprit fort différent. David Goffin n'est ni en crise de confiance, ni en souffrance physique ni même en proie aux doutes ou à la lassitude.

En revanche, il est sous pression car il devra défendre de très gros points : 250 à Shenzhen, 500 à Tokyo, 25 à Shanghai, 45 à Anvers, 180 à Bâle, 90 à Paris-Bercy et 800 points au Masters. Il devra donc défendre 1890 points en 8 semaines. Non seulement, il multipliera ses sorties à un rythme démentiel, mais il va au devant d'un défi passionnant. Une défaite précoce à Shenzhen ou à Tokyo pourrait être effacée par un beau parcours à Shanghai ou Paris-Bercy.

Le tennis est une affaire de cycle. La fin d'année est souvent un moment où le Liégeois monte en puissance.