Tennis Rafael Nadal n’a plus joué depuis sa blessure à l’Open d’Australie.

C’est l’heure du retour sur scène pour Rafael Nadal. Contraint à l’abandon en quart de finale de l’Open d’Australie face à Marin Cilic, l’Espagnol reprend du service, dès ce mardi, au tournoi d’Acapulco. Sa blessure à la cuisse n’est plus qu’un mauvais souvenir. Enfin presque. "Sur le moment, c’était très décevant, je l’avoue. J’avais le sentiment de jouer de mieux en mieux. Je montais en puissance. Mais c’est le tennis", résume, philosophe, le Majorquin.

Au fil des ans, Rafa a appris à accepter les aléas de la vie. "Voilà quinze ans que je pratique ce métier. J’ai vécu des moments exceptionnels. Bien plus que ce que j’avais imaginé. Je n’ai donc évidemment pas le droit de me plaindre…"

âgé de 31 ans , il espère jouer encore au plus haut niveau durant quelques années. Si son physique le lui permet. Car ces dernières années, il a collectionné les bobos, notamment au genou. Il sait que son corps martyrisé peut le lâcher à tout moment tant son style de jeu est exigeant. Mais il est toujours guidé par la passion et l’envie. "Je dois évidemment adapter mon calendrier, élire davantage les tournois. Mais, au fond de moi-même, la rage de vaincre est toujours là. C’est mon moteur…"

Il a, bien sûr, assisté de loin aux derniers exploits de son ami Roger Federer, victorieux à Melbourne et nouveau n° 1 mondial. Il a d’ailleurs été l’un des premiers à le féliciter via un SMS. "J’ai une très bonne relation avec Roger. J’ai toujours dit qu’il était le meilleur joueur de tous les temps. Sincèrement, ce qu’il fait, à 36 ans, est extraordinaire…"

Délogé de son trône, l’Espagnol espère néanmoins reprendre, tôt ou tard, le pouvoir. Mais ce n’est pas sa priorité. "Le ranking est le fruit des résultats lors des tournois. Ce n’est pas un objectif en soi. C’est plutôt une récompense naturelle. On verra…"

À Acapulco, même en cas de succès, il ne pourra d’ailleurs pas retrouver le statut de number one. C’est purement mathématique. Finaliste du tournoi mexicain l’an passé, Nadal devra, en effet, défendre 300 points ATP. Or, la victoire ne lui octroierait que 500 points alors qu’il accuse 345 points de retard sur Federer au classement.

Nadal a débarqué dans la célèbre station balnéaire du Pacifique comme une véritable star. Au Mexique, il est, il est vrai, adulé comme un dieu aztèque. Ce n’est pas un hasard s’il participe régulièrement à ce tournoi qu’il a déjà remporté en 2005 et 2013. Ceci dit, à l’époque, l’épreuve se disputait sur terre battue. Ce n’est plus le cas depuis 2014. Afin de permettre aux étoiles du circuit de préparer parfaitement les Masters 1000 d’Indian Wells et de Miami, elle se déroule sur surface dure.

Le plateau est d’ailleurs remarquable avec les présences d’Alexander Zverev, Dominic Thiem, Juan Martin Del Potro ou Sam Querrey, lauréat l’an passé. Pour son premier match, Nadal n’aura pas la tâche facile face à son compatriote Feliciano Lopez, sans doute le joueur espagnol le plus doué sur revêtement rapide.

Rafa va choisir ses tournois

Régulièrement blessé, il veut éviter les risques inutiles

Au sommet du tennis mondial, l’infirmerie affiche toujours complet. À l’exception de Roger Federer, toujours bon pied bon œil, les stars tombent comme des mouches. Novak Djokovic (coude), Andy Murray (hanche) et Stan Wawrinka (genou) collectionnent ainsi, depuis plusieurs mois, les blessures et les forfaits. D’ailleurs, aucun des trois ne figure encore dans le Top 10 mondial.

Rafael Nadal, lui, s’efforce de garder le cap. En 2017, jusqu’au Masters de Londres, il avait été épargné par les blessures. Cela lui avait permis de remporter notamment Roland-Garros et l’US Open, portant à 16 ses sacres en Grand Chelem. Depuis, l’Espagnol de Manacor n’affiche plus la même santé. Il y a d’abord eu cette blessure au genou qui l’a empêché de terminer le Masters de Londres. Puis c’est un souci à la cuisse qui l’a obligé à renoncer à l’Open d’Australie. "L’exigence physique est de plus en plus grande. Je dois faire preuve de prudence. Heureusement, j’ai bien travaillé au gymnase ces dernières semaines. Je croise les doigts", confiait, hier, le n°2 mondial qui, plus que jamais, va être très sélectif dans la gestion de son agenda.

Après Acapulco , il disputera les Masters 1000 d’Indian Wells et de Miami avant de se concentrer sur la saison sur terre battue avec, pour objectif principal, un douzième sacre à Roland-Garros. "La terre battue reste évidemment ma surface favorite. Celle où je me sens le mieux techniquement et physiquement", poursuit-il.

En revanche, Rafa n’a pas voulu confirmer sa participation au match de Coupe Davis face à l’Allemagne prévu dans les arènes de Valence du 6 au 8 avril. Il hésite. Plus que jamais, il veut éviter les risques de blessures.