Steven Martens, capitaine d'un navire à l'abordage

MIGUEL TASSO Publié le - Mis à jour le

Tennis

ENVOYÉ SPÉCIAL À SÉVILLE

Capitaine de l'équipe belge de Coupe Davis qui affrontera l'Espagne, de vendredi à dimanche à Séville, Steven Martens est une vraie personnalité du tennis national. `C'est peut-être dû à mon look chauve´, sourit cet Anversois, licencié en philologie classique, passionné de philosophie, d'astronomie et d'histoire.

En marge de ses études universitaires, Steven Martens suivit la filière du `Bloso´ (Adeps en Flandre) pour entrer, en 1987, comme coach au centre de la VTV à Wilrijk. Quinze ans plus tard, il est toujours là, fidèle au poste. Les secrets de sa réussite? `Je m'efforce d'être toujours philosophe, de ne pas m'enflammer. La réflexion, d'abord; la communication, ensuite. J'essaye de toujours favoriser le dialogue...´ De tous les champions qu'il a fréquentés, c'est Sabine Appelmans, dont il fut le coach privé, qui l'a le plus marqué. `Elle avait quinze ans quand je suis arrivé à Wilrijk. J'ai un peu grandi avec elle. Elle a beaucoup apporté au tennis belge. Elle fut la première à avoir le véritable niveau international. Elle était, en outre, très populaire et très charismatique. Mais elle est toujours restée modeste et sympathique...´

Aucune hésitation

A la tête de l'équipe de Fed Cup entre 1992 et 1998, il avait montré son savoir-faire en hissant la Belgique en demi-finale en 97 (défaite à Nice face à la France). `Lorsqu'on m'a proposé de prendre la tête de l'équipe de Coupe Davis en 2001, je n'ai pas hésité! A ce niveau, diriger les filles ou les garçons, c'est quasiment la même chose. Les champions doivent gérer les mêmes émotions: la nervosité, la tension, l'exaltation. Et selon les caractères des uns ou des autres, j'adapte mon discours...´

Lors des changements de côté, son rôle de `communicateur´ est essentiel. `Les joueurs ne sont pas habitués à avoir quelqu'un qui leur parle sur la chaise voisine. Il me faut donc jouer avec le conscient et l'inconscient de mon interlocuteur. Trouver les bons mots.´

Avec Xavier Malisse, comme avec Dominique Monami autrefois, il est très intuitif. Avec Olivier Rochus, comme avec Els Callens, il est plus tactique. `Parfois, il est nécessaire de se fâcher. Pour faire bouger les choses, pour doper les énergies. Là, c'est vrai, je prenais un peu plus de précautions avec les filles car elles sont parfois plus susceptibles ou plus émotionnelles!´

Il avoue ne pas connaître de recette miracle. `Lors de la dernière finale France-Russie, j'ai trouvé que Forget allait un peu trop loin dans sa façon d'exciter Mathieu. Dans son genre, Noah était aussi très spécial. Mais je constate que la France a toujours été portée par un fantastique esprit d'équipe. C'est un signe...´

Lui, ses méthodes sont peut-être moins spectaculaires. Mais elles portent aussi leurs fruits. S'il fait quasiment l'unanimité dans la petite famille du tennis belge, ce n'est pas un hasard...

© Les Sports 2003

MIGUEL TASSO