Tennis

La plus jeune génération n’est pas complètement déjantée. Derrière un Nick Kyrgios, on retrouve d’autres personnalités atypiques dont Hyeon Chung.

Avec sa tête d’étudiant en informatique ou en droit, Hyeon Chung sort aussi des rangs. Ses lunettes accentuent cette première impression.

Son air de geek cache pourtant un redoutable athlète qui est promis à un bel avenir. Si le classement ATP ne conservait que les joueurs de moins de 20 ans, il figurerait au troisième rang derrière Borna Coric et Alexander Zverev. A 18 ans, il avait effectué une entrée fracassante dans le Top 100. Le teenager grimpe à grande vitesse. Un an plus tard, il pourrait frapper aux portes du Top 50 en fonction de sa fin de semaine à Houston. Jeudi soir, il avait rejoint les quarts de finale où il jouera dans la nuit de vendredi à samedi la tête de série numéro un John Isner.

Un début de saison compliqué

Il reprend donc des couleurs après un début de saison très délicat marqué par 8 défaites pour 3 victoires. Son entrée dans les plus grands tournois demande un légitime temps d’adaptation.

Néanmoins, ce Coréen est à surveiller de près. Le natif de Suwon (à trente kilomètres de Séoul) a refusé de brûler les étapes. Il a d’abord écumé les tournois plus modestes malgré les nombreuses invitations envoyées sur sa boîte mail. Il a donc épluché tous les challengers asiatiques par souci d’économie aussi.

Sur le circuit, il a déjà quelques petits faits de gloire. A l’US Open, il a accroché jusqu’aux trois tie-breaks Wawrinka. Fin 2015, il disputait son premier quart de finale en ATP 250. Cette semaine, il récidive. La route reste longue.

Né le 19 mai 1996, il a commencé à jouer au tennis pour l’aider à maintenir sa vue. Il porte des lunettes depuis sa plus tendre enfance. Grâce à sa victoire à l’Orange Bowl en 2008 (U12), il a été repéré par IMG qui a vite été conscient du talent du gamin et surtout des excès du marché asiatique. Comme de nombreuses stars, il a rejoint l’Académie de Nick Bollettieri avec son frère Chung Hong en 2009. Son père donne des cours de… tennis.

"Mon père évite de me parler de tennis car il ne veut pas me mettre de pression", souffle avec candeur la star montante.

En Corée, il dépassera un jour le classement de Hyung Taik-Lee (ATP 36 en 2007) qui reste le meilleur ambassadeur de la petite balle jaune. Les deux hommes s’entraînent parfois ensemble.

Au soir de sa première confrontation avec un joueur du Top 10, il a confié que "j’avais l’impression de regarder un match à la télévision en étant un acteur lointain".

Dans quelques années, il aura pris de la bouteille et sera craint.


"Je m’inspire de Djokovic"

Avec son frère Hong, il s’est inventé mille histoires. "Nous regardions Federer et Nadal à la télévision. Nous prétendions être eux. Aujourd’hui, je m’inspire de Djokovic parce qu’il a un jeu fantastique et qu’il est très fort mentalement." Selon les experts coréens, il a plus le profil d’un David Ferrer car aucune de ses frappes ne peut tuer un point. Son revers est efficace : il peut trouver des angles incroyables, accélérer rapidement le jeu mais aussi contrer et prendre le contrôle.