Tennis

A dix jours de la grande finale de Coupe Davis, nous avons réuni, à Louvain, les présidents des deux Ligues de la Fédération. D’un côté, André Stein de l’Association francophone de tennis (AFT) ; et, de l’autre, Dirk De Maeseneer de Tennis Vlaanderen. L’occasion d’évoquer le rendez-vous du Flanders Expo mais aussi de parler de la situation du tennis belge dans les deux communautés. Des deux côtés du filet, l’union fait la force !

Voilà plus de vingt ans que le tennis belge fabrique des champions et collectionne les exploits. Y a-t-il une potion magique dans les raquettes de nos joueurs ?

André Stein : Je ne crois pas qu’il y ait une véritable recette. Mais, en revanche, il existe, au niveau des structures de notre tennis, un vrai savoir-faire qui porte ses fruits. Les deux Ligues possèdent, l’une et l’autre, des centres d’entraînement pour les élites qui ont formé la plupart de nos champions.

Existe-t-il une rivalité entre les deux Ligues ?

Dirk De Maeseneer : Non. Nous sommes des entités différentes mais nous travaillons main dans la main pour l’essor du tennis national.

A.S. : Non. Je n’ai pas peur de dire que nous avons suivi l’exemple de nos amis néerlandophones. Et, à l’arrivée, les résultats ont été tout aussi extraordinaires.

Le tennis belge se porte plutôt bien. Et pourtant, notre pays n’accueille plus le moindre tournoi ATP ou WTA. N’est-ce pas un paradoxe ?

A.S. : Il faut voir la situation en face. L’organisation d’un tournoi de ce genre nécessite désormais des budgets très importants pour un petit pays comme le nôtre. Et il est devenu très difficile de convaincre un sponsor de mettre sur la table plusieurs millions d’euros.

D.D.M. : Et pour espérer faire venir ces meilleurs joueurs du monde, il faut en outre bénéficier de bonnes dates dans le calendrier. Et c’est loin d’être évident.

A.S. : A la réflexion, je crois qu’actuellement, c’est le concept de l’Ethias Trophy de Mons qui correspond le mieux à l’environnement belge.

La finale de la Coupe Davis à Gand suscite un intérêt gigantesque. Les tickets se sont arrachés. Ce n’est pas toujours le cas. On se souvient de matches assez récents qui se sont joués devant des tribunes très vides…

D.D.M. : C’est exact. Le public belge n’est pas toujours facile à faire bouger ! Il apprécie les stars comme Nadal, Federer ou Djokovic. Mais, pour le reste, il est volontiers casanier. Ceci dit, je crois que, lors de certains matches de Coupe Davis ou de Fed Cup, nous n’avons pas toujours été très efficaces en terme de marketing et de promotion. A.S. : Lors de la demi-finale face à l’Argentine, on a également assisté à un phénomène significatif. La prévente des tickets n’avait pas été exceptionnelle. Mais petit à petit, grâce notamment aux retransmissions télévisées en direct, la passion a grandi. Et, le dimanche, pour la journée décisive, les guichets ont été quasiment pris d’assaut. Un peu comme si une partie du public avait subitement découvert la magie de la Coupe Davis et la portée de l’exploit de notre équipe…