Tennis

C’est au Club House du Royal Léopold Club que Jacky Brichant, installé comme chez lui, nous a reçus pour revenir sur la disparition du mythique Court Central. Nous vous l’expliquions lors d’une précédente édition (11décembre 2008), le terrain des premiers exploits de Lendl ou Henin, notamment, ne survivra pas au lifting opéré par le club louvaniste. Retour sur plus de 50 ans d’histoire

1952: Jacky Brichant et Philippe Washer brillent sur la scène nationale et internationale. Dominant sans partage le royaume, les deux joueurs deviennent de véritables icônes du tennis. Leurs succès vont amener les dirigeants du Léo de l’époque à édifier un court pouvant accueillir 4 500 personnes. "Cela peut paraître prétentieux, mais ce court central m’appartient, explique Jacky Brichant. C’est parce que Washer et moi avons très bien joué qu’on a décidé de le construire."

C’est donc avec un sentiment tout particulier que le multiple champion de Belgique a accueilli la nouvelle de la disparition de "son" court. "Je suis partagé à ce sujet. D’une part, je trouve cela inadmissible que l’on puisse détruire ce "Monument" du tennis belge. D’autre part, je me dis parfois qu’il valait mieux le faire. On le laissait complètement aller. Les gens n’avaient plus envie d’aller y jouer parce qu’il était trop grand et les balles s’envolaient un peu partout. Ce qui a fait qu’on l’a moins entretenu également. De plus le public se déplace moins et jouer une rencontre sur le Central avec 500 spectateurs, c’est affreux, le sentiment de vide prédomine."

Le Roi au mauvais moment

Mais si aux yeux de Jacky Brichant, ce Central revêt une telle importance, c’est surtout parce qu’il y a vécu quelques-uns des plus beaux moments de sa carrière. En 1953 et en 1957, l’Italie était au menu de la zone européenne de Coupe Davis. "En 1953, Philippe Washer et moi-même, avions battu les Italiens en demi-finale. Durant les tours précédents déjà, le public était venu nombreux. Mais pour la demi-finale, on a dû rajouter une tribune pour accueillir la dizaine de milliers de spectateurs présents. Mais 1957 reste la date la plus marquante: nous avons à nouveau battu l’Italie dans un match épique mais cette fois en finale. Nous étions menés 2 points à 1 après le double et j’ai remporté mon simple en cinq sets. Après, Washer était en très mauvaise posture et perdait 2 sets à 1 avant qu’on interrompe le match par manque de luminosité. Le lendemain, le public ne manquait pas à l’appel alors que nous étions lundi. Et Washer a finalement remporté son match."

Afin de mieux cerner encore l’importance de cette rencontre, Jacky Brichant met l’accent sur deux invités de marque, présents dans les tribunes. "Le Roi Baudouin s’est déplacé en personne durant cette finale. Hélas, il est venu justement le jour où j’ai perdu en trois sets contre Pietrangelli Evidemment, il y avait aussi Luc Varenne, qui en garde, de son propre aveu, un des meilleurs souvenirs de sa carrière."

L’histoire du Central n’a pas cessé avec la fin de carrière de Jacky Brichant, qui, lui, n’a rien manqué par la suite. Des premiers titres nationaux de Justine Henin, de ses exploits en Fed Cup ou de sa victoire à la Coupe Borman, l’homme le plus titré de Belgique garde des souvenirs très précis. Il se souvient également d’un Tchécoslovaque inconnu qui s’était imposé au tournoi Open du Léo, un certain Ivan Lendl