Tennis

"Je n'allais pas mourir sur le court...", "première fois qu'il fait aussi chaud et humide" : les joueuses et les joueurs vivent un "cauchemar" et leurs organismes sont mis à rude épreuve depuis le début de l'US Open.

Un chiffre résume la difficulté à laquelle ils sont confrontés : dans le tableau masculin, trois des huit matchs terminés mardi en début d'après-midi se sont soldés par des abandons en raison de la chaleur et de l'humidité étouffantes, alors que les températures ont dépassé les 35 degrés dans la mégapole américaine.

Premier à jeter l'éponge dans la matinée après deux heures et demie de combat, dans le quatrième set de son premier tour, l'Argentin Leonardo Mayer (43e) était remonté contre les organisateurs.

"Je crois qu'il ne faut plus jouer en cinq sets parce que tant qu'un joueur ne sera pas mort, ils n'arrêteront pas", a-t-il lâché, interrogé sur la démarche à adopter. "La seule solution, c'est d'écourter un peu (les matches) parce que nous ne maîtrisons pas la chaleur."

"Je n'ai pas supporté, j'ai essayé mais je ne pouvais pas. Je ne pouvais plus jouer, c'était impossible. Je n'allais pas mourir sur le court...", a-t-il ajouté.

Un peu plus tard, ce sont le Lituanien Ricardas Berankis, mené deux sets à un par le Sud-Coréen Chung Hyeon, et l'Italien Stefano Travaglia, issu des qualifications et victime de crampes au même stade de son match, qui ont renoncé. "J'espère qu'au prochain tournoi il fera moins chaud qu'ici", a lancé ce dernier.

Pause inédite de dix minutes

Face aux pics de température, les organisateurs de l'US Open ont - pour la première fois - mis en place une règle offrant aux joueurs la possibilité de prendre une pause de dix minutes entre les troisième et quatrième set des simples messieurs.

"Le juge-arbitre du tournoi et l'équipe médicale vont continuer de surveiller les conditions pour déterminer jusqu'à quand cette règle sera en vigueur", a précisé la direction du tournoi.

Cette décision sera prise "au jour le jour", a ajouté le directeur de la communication de la Fédération américaine de tennis (USTA) Chris Widmaier.

Même des joueurs qui sillonnent le circuit depuis des années n'avaient pas souvenir de telles conditions.

Lundi déjà, le N.1 mondial Rafael Nadal avait décrit "une humidité infernale" et demandé - en vain - un ventilateur dès les premiers échanges de son match du premier tour.

"C'est la première fois qu'il fait aussi chaud et humide en même temps, a assuré le Français Richard Gasquet, 32 ans. Je joue ici depuis de nombreuses années, c'est particulièrement difficile aujourd'hui (mardi)."

"On transpire beaucoup. Il faut prendre du temps entre les points, bien mettre de la glace aux changements de côté", a-t-il décrit.

Sa compatriote Alizé Cornet (28 ans), battue elle en trois manches (4-6, 6-3, 6-2) après avoir compté un set et un break d'avance (6-4, 3-1), a vécu "deux heures et quelques de cauchemar" : "cette chaleur et cette humidité m'ont fait paniquer. Je me suis dit que je n'allais pas y arriver. C'est difficile de garder sa lucidité dans ces moments de souffrance."

La N.2 mondiale Caroline Wozniacki, tombeuse de l'Australienne Samantha Stosur au premier tour (6-3, 6-2), a elle préféré gérer la situation en s'imaginant "à la plage, une Margarita à la main".

Elle va pouvoir continuer : la météo américaine a annoncé des températures encore plus élevées sur New York pour mercredi.