Tennis

Le genou droit de l’Espagnol a décidé du sort de cette demi-finale face à Juan Martin Del Potro.

Rafael Nadal ne deviendra pas le premier joueur à défendre son titre à l’US Open depuis Roger Federer en 2008. Il n’aura pas non plus une chance de remporter un 18e titre du Grand Chelem. A 2-2 dans le premier set sur un faux mouvement le genou droit qui était son épée de Damoclès depuis le début du tournoi a fini par dire stop. Arrivée du kiné une première fois, pause d’un strap sur la rotule droite mais quelques jeux plus tard Nadal l’enlève. Retour du kiné pour une longue séance de massage à 4-3, pause d’un strat encore plus épais. Mais plus le match avançait et moins Rafa poussait sur cette jambe droite. A 7-6(3), 3-1 l’affaire était entendue : ça se lisait sur son visage. Et puis il y avait eu cette image si rare de Nadal frappant ce genou droit avec une bouteille d’eau.

De la rage et du désespoir. Déjà sorti de l’Open d’Australie sur abandon, l’Espagnol a repoussé aussi longtemps que possible d’en faire de même à New York. Sauf qu’à un moment donné ça ne servait plus à rien : il jouait en marchant, ne pouvait plus pousser sur sa jambe droite, faisait seulement une courageuse figuration. La venue du kiné pour la troisième fois a été la dernière : Nadal avait déjà enlevé son bandana, signe reconnu sur toute la planète tennis pour signifier que son match est fini. 

Très souvent, c’est après une victoire mais là ce fut pour mettre fin à un crève-coeur. Venu devant la presse directement après sa sortie du court, il n’a rien caché de sa frustration tout en faisant des efforts pour ne pas trop montrer sa détresse. “C’est terrible pour moi d’abandonner mais j’avais vraiment trop mal et ça ne ressemblait plus à un match de tennis. Je sais ce que j’ai, c’est comme d’habitude même si là c’est revenu de manière plus agressive sur ce faux mouvement. Ce qui me peine ce n’est pas tant la défaite que le fait de ne pas avoir une chance de me battre. Mais j’ai 32 ans et suis toujours compétitif alors que beaucoup pensaient que jamais je ne tiendrais aussi longtemps. Je vais continuer de me battre.” Impossible pour le moment de savoir s’il sera remis pour la demi-finale de Coupe Davis en France.

Del Potro avait lui fait ce qu’il avait à faire même si les deux break réalisés et lâchés dans la foulée au cours du premier set auraient pu lui coûter cher dans d’autres circonstances. Ils ont aussi révélé sa nervosité face à l’événement. Et puis on a aperçu un bandage sur son épaule droite… Mais malgré la frustration de finir le match comme ça, quelle énorme sensation pour Del Potro, de retour en finale d’un tournoi du Grand Chelem pour la première fois depuis son titre ici en 2009. Et après de multiples opérations des poignets et tellement de tentations de jeter la raquette pour de bon. Il s’est accroché et ça paie de manière exceptionnelle. “Je n’arrive pas à croire que j’ai une nouvelle chance de jouer une finale ici. En 2015 j’ai failli tout arrêter : je ne trouvais pas comment guérir mes poignets, j’avais tellement mal et j’en ai fait une dépression. Mais maintenant c’est du passé et je ne regarde que vers ce futur qui me sourit enfin.” Le malheur de l’un fait le grand bonheur de l’autre.